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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
  • Lilas Kwine
  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

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Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 15:24


Je vais te dire, elle a son franc-parler et c'est ce qui te plaît. Mais ce dont tu parles, c'est pas du rentre dedans, non, ou une espèce de franchise frelâtée en guise d'excuse à l'énoncation de tes torts les plus remarquables.

Il y a comme un côté calme et posé, hyper naturel dans sa façon d'envoyer un sujet complètement ras des pâquerettes sur le tapis d'une minute blanche, genre que ce we il a fait méga beau et que c'était du bol parce que la plage sous la pluie c'est tout de suite moins sympa- y'a pas plus con franchement. De le rendre crédible et vivant. Juste digne de tes intérêts très sélectifs. La méteo tu te rends compte.
Et puis l'instant d'après, tu comprends pas ce qui t'arrives et t'as déjà déballé la moitié de vie.
Toi quoi.
Alors que jamais tu lâches prise comme ça.
Alors que toi, y faut un forfait minimum de vingts rencontres assorties d'un scann' détaillé à une forte sensibilité pressentie, une analyse en trois dimensions des coupes de la cervelle que tu peux bien avoir en face de toi et puis, après on sait pas, un instant de grâce pour emballer le cadeau d'un moment d'exception où ta prudence légendaire soit mise knock-out, au 21em round pour au moins quelques dizaines de secondes. Remarque, c'est aussi pour ça que des amis, t'en as pas beaucoup. Des vrais j'entends. Et ça te plaît bien d'ailleurs.

C'est déconcertant. La premiere seconde où tu l'as vu, t'as cru, tu ne sais pas...T'as pas l'habitude de penser quoi que ce soit sur les personnes que tu rencontres pour la première fois, de surcroît totalement par hasard. Mais là, oui. Pourtant t'aimes pas tellement les a-priori. Tu trouves ça réducteur pour une intelligence même rien que moyenne comme la tienne. T'as l'impression de trahir l'humanité, pas moins, si tu te mets à penser en croisant un tel ou un tel: "Fouya, il a pas l'air bien vif...". Pourtant faut avouer des fois c'est tentant. Rien à voir avec le fait de traiter de gros connard un gars qui te fait une queue de poisson en bagnole tunée. C'est pas le tuning qui le rend gros connard si vous suivez. Hors contexte on sait jamais. Tu dis que t'aimes bien donner une chance à la chance. Comme là, justement. C'est incroyable. Tu la vois débarquer et y'a un truc vicelard qui s'imprime dans tes pensées, genre juste un mot, mais quand même... (-indolente-). Franchement d'où ça te sort. C'est comme une ardoise magique à l'envers. Le truc se calque vvvouffff, et s'efface en pluies de paillettes noires.

Tu reprends tes esprits. Elle te parle sans sommation comme la pluie se met à tomber alors que l'instant d'avant on est tous à la cool, tee-shirt tongues, ouais l'été quoi, pas un instant à s'imaginer qu'on aurait du prévoir et puis, on se retrouve à humer l'air du temps à travers les gouttes fines qui drapent l'atmosphère et font chuter la température du bitûme de 20 degrés et c'est tout le macadam qui s'enfume comme un pompier au turbin.

D'habitude ça t'énerve. Mais là, c'est bien la première fois que tenir une conversation avec quelqu'un dégage une espèce de sensualité paisible. C'est comme un parfum d'ambiance la conversation avec une inconnue. Faut doser subtil. Sinon, ça vire très vite aux fragances artificielles des désodorisants pour chiottes et on se ronge les ongles jusqu'au sang pour se dégager d'une suite de mots chimiques et retrouver le hamac peinard de ses pensées solitaires.

Elle démarre au quart de tour sur n'importe quel sujet. Et puis des fois un silence s'installe. Elle ne cherche pas à le meubler et ça te déroute. T'es fascinée mais tu le sais pas encore.
En une heure de temps, vous avez parlé de tout, du mariage de sa soeur, de votre non-rapport à Dieu, des enfants, du couple, de la météo, de cinéma, du chien là-bas et de son chien à elle et est ce que vous avez des frères et soeur vous. Elle te vouvoie et ça dessine un charme encore plus prononcé à la conversation.

T'es en déroute totale. T'es pas du genre à te laisser embarquer. Toi t'es celle qui écoute d'habitude.Celle à qui on se raconte. Qui rebondit aisément sur les questions en te pavanant dans les reformulations en souplesse. Tu fais jamais semblant. Oh allez un peu quand même sois honnête. C'est vrai que t'arrives facilement à donner le changer en naviguant dans le ciel de tes rêveries tandis que l'autre croit fermement que t'es passionnée par sa dernière histoire de feuille d'impôt.
D'habitude ce sont les gestes qui te subjuguent, les regards qui arrêtent le défilement des minutes acides en train de te bouffer le cerveau. Ce que tu ne peux pas deviner rapidement, tu l'élimines ipso-facto de l'équation de ton esprit. Tu ne détestes rien plus que la prévisibilité. Rien plus qu'un pauv' résidu de copier-coller de jolies phrases surrannées dans un désir de socialisation forcenée.

Va savoir comment on en est arrivé là, elle te demande si t'aurais aimé être psy. T'as bien envie de lui renvoyer la politesse. Elle a le chic pour arriver à ses fins sans en laisser rien paraître. Elle sait des choses de toi que t'as mis des années à avouer à d'autres, bribes par bribes.

Elle est de ces rares êtres qui te donnent l'impression de les connaître depuis des années tout en conservant un mystère insondable au fond des yeux. Et ça génère un aura pas croyable dans la bulle de votre échange. Même c'est fou, t'as envie de la serrer dans tes bras avant de passer ton chemin. Comme pour lui faire sentir tes mercis du fond du mésentère pour ce cadeau incroyable parce que si tu les exprimes ça va tout foutre en l'air.
Enfin selon ta mythologie très personnelle.
Et pourtant, t'es perturbée pas qu'un peu. T'as pas l'impression qu'un semblant d'amitié soit en train de naître et tu oscilles entre le fait de désirer ça et celui d'accorder son hommage silencieux à la simple magie d'une rencontre sincère...

Ca reste juste une rencontre tout ce qu'il y a de plus beau. Un banc, deux personnes, trois fois rien, totale, tu es récompensée au centuple de ta décision de t'arrêter là pour refaire un lacet.
Et toi t'as plus envie de partir  au fond. Jamais. Parce que c'est que ça que tu recherches dans la vie. Et que quand tu as ça, t'as plus besoin de dormir, t'as plus envie de manger, tu ressens plus l'envie de noyer les trois quarts de tes congénères dans la rivière et la bile acide qui réside dans tes idées noires s'arrête de couler comme par enchantement.
T'es heureuse c'est tout, voilà. C'est pas compliqué pourtant.

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Published by Lilas Kwine - dans Eventuelle prose
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commentaires

Hime 19/09/2009 09:10

Tu me fais du bien, tu écris comme j'aime.
Merci.

Lilas Kwine 21/09/2009 08:01


Sans doute le plus beau compliment que l'on puisse faire à la lecture de mes lignes ... Te faire du bien, pourvu que ça dure !


CorineTitgoutte 18/09/2009 21:12

Un instant de grâce. C'est le mot.

Lilas Kwine 21/09/2009 08:02


Des instants rares qui se dégustent comme un grand millesime