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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
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  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

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Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 08:25




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La grève abandonnée, ôtée de chalands, ne laisse plus aucun doute au vent de janvier tandis qu'au loin dérive l'ombre d'un chercheur d'or sur le sable.
L'enclave molle des empreintes en fuite s'obstine à border quelques sentiers absents.
À suivre la course absurde du doigt, on les croirait en quête perpétuelle de fin d'horizon.
L'oraison des mouettes, les cormorans joueurs glanent les pensées du marcheur solitaire.

Tu remarques, à force de fricoter avec les embruns, l'antique gravière est devenue salière.

Le temps du château de sable est révolu, les coiffes ridicules ne s'envoleront plus.
C'est la morte saison, la fin d'un quart de cycle, la saison morte et blanche d'une fin de vacances.
Ainsi siestent sauvages, toutes les plages de l'hiver,
tandis qu'au loin toujours, un chercheur d'or sur le sable.

Le ressac rythme lent l'aller-retour des sargasses.
Il commande la place de l'algue au cimetière du rivage.
Une nouvelle lune au firmament a évincé l'ancienne - souviens-toi, qui embrasait l'océan d'un feu de paillettes canadiennes, mais d'automne indien n'en usait que les couleurs.
Alors, il faisait chaud aux corps, là à deux pas de haute mer avec toi, la canicule était d'humeur à tenir nos coeurs battants.
À présent que les glaces de janvier n'ont plus le goût de crème, l'iode colonise profond les sinus et marchande l'envie pressante d'un plateau de fruits de mer.

On déambule tranquilles sur le carreau de digue rapiécé par le vent.
Tu glisses une main dans la mienne; je n'ai plus aucune envie de la remettre en poche.
Sur le vieux port, dans les gargotes des pêcheurs, on dégote notre bonheur bien sur.
Janvier c'est le mois de la St-Jacques, c'est le mois de l'huitre, de la praire et des bigorneaux.
Et si l'entre-deux-mer manque cruellement, le muscadet ne fait pas de vieux os entre nos mains, le long de nos gorges presque closes et les battements réguliers de nos regards s'abandonnent au ressac.

la plage est quasi déserte mais elle est bien la seule

Au large, en surface des scintillements de midi, étalé dans une bande d'eau, ridiculement proche des côtes, dans le calme olympien, tout le monde attend.
On s'assoit pour observer.
Sur le sable glacé, bras en couronne autour des genoux, écharpes épaisses nouées en heaume laineux, la trace de tes doigts disparus ne m'a pas échappé, et j'en souris.
Un chemin passant s'établit implicite entre les corps élastiques que le courant déplace au gré du swell capricieux
Là, les regards se croisent furtifs, rêveurs ou attentifs.
Ces endroits génériques où demeure la félicité de rencontres silencieuses, à cet instant il nous semble que ces endroits là existent, hors de l'attente transfuge
Et si l'on perd la notion du temps, on reconnait les profils du genre: les fougueux, les têtes brûlées et les experts sont aux premières loges, les patients et les douteux à quelques mètres en retrait.
Ici l'océan est aux commandes, qui déclenche la migration d'un peuple de nomades.
La houle court vers la côte, se gonfle et se déforme depuis quelques miles déjà .
De loin en loin, des silhouettes allongent souples leurs ombres, incitant le groupe au mouvement général vers le large
D'autres se tournent et se redressent, à califourchon sur leur planches, le creux de leurs lombaires appelle une déferlante grasse et puissante.
Ils rament sans hâte puisque c'est l'élan qui vient à eux.
Dans un instant, certains se feront happer dans les larmes de l'écume.
Les élégants marcheront sur l'onde, quelques secondes d'éternité
Avant l'envol, la dernière vision du continent leur offrira l'ombre bancale du chercheur d'or sur le sable.



 

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Published by Lilas Kwine - dans Eventuelle prose
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commentaires

hervé pizon 21/05/2011 08:25


éloge.


Lilas Kwine 21/05/2011 08:36



esquisse à l'encre de clavier



le babel 15/05/2011 00:25


Désormais je pourrais suivre ces ciselures... Fragon m'a vite envoyé un courriel, la prochaine fois, ce sera moi !


le babel 14/05/2011 20:44


il faut que je trouve comment m'abonner à ces beautés


Lilas Kwine 14/05/2011 20:49



je suis nulle en modes d'emploi



Fragon 14/05/2011 19:47


J'ai dû déjà te dire ça pour un autre texte.. mais ne m'en veux pas si je l'ai fait.
Alors je le dis peut-être pour une deuxième fois : c'est un des plus beaux que j'ai pu lire de toi. Il est d'un juste équilibre entre la forme et le fond. Et ça évidemment c'est la perle rare qu'on
aime bien trouver.
Bon à part ça, je vois que tu continues bien droit vers où on s'en fiche un peu quand même...


Lilas Kwine 14/05/2011 19:49



je mets un point d'honneur à tracer ma route toujours un peu plus loin vers nulle part 


(merci)