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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
  • Lilas Kwine
  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

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Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 12:38



Et je fus là, cri primal aux lèvres entamant l'hymne d'une histoire déjà gravée sur le marbre de mes désillusions. Traçées de ma voix les notes de ce prologue qui déjà ne m'appartenait plus. J'étais seule alors. A peine tombée des premières eaux, j'étais seule, dans les bras de celle qui m'avait portée.

Un peu plus tard, encaissées les gifles sèches des passions étouffées au son gluant de principes délétères, j'ai observé. J'ai entendu toute la surdité du monde, comme prétexte à la peur, comme arme de diversion. Diversion mal dissimulée dans les cuites d'oubli du vendredi soir et le spleen sanglants des dimanches sales hachés menus au désespoir. La vie dans le coin, c'était pas un cadeau non.

Et la rage s'est insufflée très vite, comme on fait l'effort de gonfler ces ballons de baudruches en poussant fort l'air en dehors sauf qu'il vous reste coincé dans les joues. Bam, d'un coup la mélancolie a soufflé tous ses vents au travers de moi, gémissant continuel des silences douloureux en mode mineur.

Ils m'ont dit de stopper, ne pas m'en faire, que la crise passerait mais moi, moi je ne pouvais pas m'empêcher de souffrir. Je transbahutais la misère des autres toute serrée à côté de l'absurdité du monde dans le sac extensible de ma sensibilité rebelle et contenue.

J'avais parfois quelques périodes de rémission.

Mais une fois compressées mes colères sombres, mes rancoeurs sévères avec l'humour et la légereté comme armes de dérision massives, une fois esquissées les limites d'un non-être consternant qu'à nouveau l'impuissance dévalait constrite, la piste noire de mes errements. J'en ai eu des hauts le coeur de ces trop plein de déchirures. J'arrivais pas encore à expulser.

Alors j'ai continué à observer. J'ai appris. J'ai visité les contrées de mon inconscient en guise d'adolescence sabbatique. Je l'ai vu dévasté, semblable au champ de bataille d'un destin trébuchant. Je regardais les autres et je me disais que j'avais quelque chose à faire avant le néant. Que je ne pouvais pas m'abandonner là d'un coup et ne rien faire de tous ces saignements.

Ils m'ont supplié de stopper, de les prendre ces cachets - «ça ira mieux tu vois quand tu oublieras tout ça». Que les autres fassent preuve d'un déni de bonne foi à votre encontre est sans doute la preuve suffisante qu'il reste des choses à entrevoir à travers ce mensonge ambiant qu'est l'humanité.

Moi, je ne pouvais pas espérer mieux que me pendre à l'espoir de ces maux. J'ai senti petit à petit le démon du jeu s'emparer de mes sens, grillant au doute la priorité. A défaut de partages, j'avais des envies de possession comme cache misère d'un trop plein de pulsions contenues. J'ai appris que connaître les mécanismes de soi était le passe-partout de la manipulation des autres. Si seulement j'avais eu confiance en moi. Je serais devenue le maître du monde. Ce n'est pas franchement que j'ai des scrupules. Je ne vois pas la nécessité de faire souffrir à bon ou mauvais escient toute espèce de souffle de vie qui traverse ma route. Mais j'ai l'idée d'une forme de noblesse dans les actes. C'est qu'au fond je l'aime la vie.

Dans les guerres de cent ans auxquelles se livrent mes contradictions, l'idée d'une certaine norme prend rapidement la poudre d'escampette avant de se voir crâmer vivante au bûcher de mes incertitudes.
Remplaçant l'univers que je ne savais encore entrevoir dans les abysses de moi, le blizzard d'une séductrice démence soufflait dure creusant les gerçures de mes introspections troublées. Je passais mon temps à perpétrer mes pleurs et je me baignais discrètement, presque délicatement dans les eaux de ce Gange, et je m'esclaffais, mes rires aux éclats en bandoulière comme drapeau blanc de tentatives d'intimité outrancière.

Un moment, j'ai tenté d'être deux, alors apprivoisant à reculons étranges, un sentiment nouveau qui trahissait mes entrailles. Mes repères aimantés ont coupé le fil rouge de mes alarmes de convictions en bonnes résolutions brisées. Mais la glue d'un fatalisme certain finit toujours par en rassembler les morceaux et je les ai replacés posément sur la vitrine de mes instincts.

La tristesse profonde dessinait les contours de ce moment de répit les jours de pluie les bras ballants.

Je peux pas me limiter au shoot d'adrénaline ultime. Je ne peux pas.
L'amitié m'a appris que l'on pouvait compter sur quelqu'un d'autre que soi à la condition ultime de ne rien en attendre. T'en connais beaucoup des gens comme ça? Y'a des étoiles ailleurs que dans le ciel. C'est aussi jouissif qu'une goutte d'eau après le désert.

Toi tu croyais me connaître, et moi, moi, je voulais y croire si fort à cette union invincible. On est parfois naîf dans un désir d'apaisement...Je t'assure, c'était à la mort à la vie, je n'ai pas menti, mais juste à l'aune d'un moment.
Pardonne-moi cet aveu, car mes pensées étaient sincères, simplement je me suis souvenue que les satellites ne s'arrêtent jamais de tourner autour des coeurs qu'ils font s'arrêter bien malgré eux. Faut être deux pour jouer à ce jeu là.

Je n'en finis pas de me consumer dans des désirs immédiats. J'adore ça, c'est ma collection privée, on a tous une collection débile. Moi je collectionne les pulsions amoureuses. Je me fais happer comme la grêle chute à 200 kilomètres heures sur un pare brise. Comprends moi bien, ça n'est pas vraiment "amoureuse" qu'il faut lire. Ca fait tellement midinette. Et midinette n'est pas, il faut le savoir, franchement le terme qui s'applique le mieux à ma personne. S'agit pas que de cul, j'ai pas franchement le physique d'un serial lover.
Non, n'empêche, je me brise en gorge nouée par le désir fulgurant. J'ai des raz de marée d'émotions qui me décapent les sens. Rien que d'y penser ça me flanque la tremblote dans le bas ventre et le souffle court. Un regard suspendu, l'élégance d'une main posée désinvolte, la noirceur profonde d'un geste d'humeur, et les musiques voyageuses, et l'onde qui me transporte droit debout sur la chevelure iodée... Je m'embrase, torche vivante, les deux mains branchées sur une bobine de cuivre dénudée de sa gaine protectrice. C'est le même genre de feu intempestif qu'un pyromane imprudent vient allumer sur les braises de mes tripes en fusion.

Et après. Quel jury condamnerait une certaine aptitude au bonheur?

J'ai plus à apprendre de la vie qu'elle ne m'en laisse le temps.

Et quand je songe à la fin qui vient toujours un peu plus proche de moi, je me retourne, j'observe les chemins entamés, tous ces sentiers de terre que je n'ai pas encore battus, et ces mains empruntées à quelques décennies de vent. Je veux le moment venu brandir mes derniers souffles d'avoir appartenu au grand tout de l'univers. J'aurais changé encore beaucoup d'ici là, j'aurais peut-être même frôlé la Sagesse de ma folie salvatrice sans le savoir. Et je songerai alors:

«C'est un jeu injuste, c'était juste un jeu !»

Et quand nous serons à nouveau livrés, chacun de notre côté au vent d'une liberté à laquelle nous n'aspirions plus, alors je penserai en souriant

«c'est un jeu injuste, c'était juste un jeu.»

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Published by Lilas Kwine - dans Limite nouvelle
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commentaires

Hime 20/10/2009 11:09


Jouons maintenant.
A trop déclamer des sentences, celles de la vie restent mouvantes.
Jouons demain.
A savoir que tout ça n'est que jeu, ça n'empêche pas de faire comme si.
Alors jouons encore.
A se leurrer qu'aimer c'est faiblir.
Et jouons toujours.
A croire que mourir c'est vivre.


Lilas Kwine 20/10/2009 20:43


Et vivre, c'est déjà mourir, alors oui, jouons et vite.


henriette mauvaise foi ! 15/10/2009 08:20


t'as le subconscient pénétrant, la réalité inconsciente ..... Je viens de prendre la claque du matin..je suis pas sure de devoir te remercier.


Lilas Kwine 15/10/2009 11:41


J'ai le subconscient inconscient, il faut l'excuser...