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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
  • Lilas Kwine
  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

Anthologie-po-sie-gehess-edition.jpg

Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:46
photo-polynesie-photo-ponton-ponton-03.jpg

Ce sont peut-être les reflets lilas qui affleurent la surface de l'eau au levant.

Se remémorent les heures allongées sur mon lit d'enfant, à triturer l'édredon rose. Farouchement concentrée, tête dans le vide, bras balanciers. Les pensées en paniques à un coin du ring, scrutaient bien profond des idées en tempêtes adossées à l'autre bout. 

Quinze rounds minimum et mes 7 ans, pétrifiés au centre d'une diagonale des fous.

Je me demandais ce que ça faisait d'être adulte; grand en tout cas, ça voulait souvent dire un état juste impossible, juste pénible comme une obligation dont on ne comprend ni l'intérêt ni le sens, un peu comme "fais trois repas par jour", "mange pas trop de ci ou de ça"- alors que tu sais même pas combien, sans parler de «ne met pas tes coudes à table», franchement. 

Grand à l'époque, c'était un état révoltant que j'étais pas prête d'atteindre.
De ceux qui croient sincèrement que parce que vous n'avez pas vécu, vous ne percevez pas la gravité des choses- quel âge fallait-il donc prétendre pour constater que sous le ciel bleu, certains visages peuvent se teinter de gris?
De ceux qui font éclater les bulles d'enthousiasme du doigt piquant de la condescendance. 
De ceux qui vous emprisonnent sous le joug de la naïveté, au prétexte de trop d'innocence. Attention, qu'il soit entendu que c'est pour votre bien car voyez vous, ils vous aiment. Sauf que l'amour n'a rien à voir avec le bon sens pas vrai? 

Je me souviens du rose de l'édredon, bordé de sombres présages. Et je jouais au funambule sur la gravité de ces coutures. On ne se remet pas de la gravité. Tout juste recule t-on, dix pas d'élan pour se coller la tête dans le coton narcotique des nimbus, de temps en temps. Qui n'a jamais besoin de vacances? 
Je ne voulais pas guérir de cette gravité là. De deux pathologies, la lucidité vaut bien la religion.

On grandit, on observe les uns nous enseigner malgré eux que la confiance à défaut de se gagner, s'apprend à pas feutrés, traînants, et rusés surtout, pour qu'on ne vous suive pas à la trace quand surgit l'idée dérangeante d'aller tâter du sentier non balisé.
Quelques autres encore semblants constamment pétris de trouille, passent leur temps à vous terroriser. Ils se délestent. De ces angoisses contagieuses qui retournent l'estomac. Et pesante, l'anxiété se pointe toujours sans sonner, voûtant les émotions au raz d'une existence bas de plafond qui ne leur fait jamais lever le rêve, de peur de se cogner.

Je regardais les images, et puis j'éclairais toutes ces lignes sous l'édredon rose, à la lumière clandestine de ma lampe de poche. N'empêche, je grandissais peu, mais j'apprenais à la pelle; 
je réalisais et j'étais perplexe.
Je ne comprenais pas la complexification du simple. 
Je ne comprenais pas la simplification du complexe.

Y'a un âge pas très bien défini où par un après midi verni, on découvre que la spiritualité, ça se décèle éventuellement au détour d'une séance d'équeutage de haricots verts, un mercredi d'août dans le jardin. Franchement, quand des haricots crus font grandir plus surement que la énième cuillère de soupe pour ta soeur, on se dit qu'autant choisir le chemin le plus simple vu le temps qu'il reste et on remise son édredon rose. Et on réserve son paquetage pour aller un peu s'émerveiller d'autres, se rouler dans le champs des possibles haricots, attraper de la seconde magique au vol. En tant que groupie déchainée des contemplations sympathiques, je vous recommande chaudement l'arrêt sur image.

Et puis il y avait des adultes différents, à qui je ne savais pas donner de qualificatif, parce qu'ils se mettaient toujours à la taille des autres. Le manque d'étiquette est une belle qualité. Plus tard, je voulais être comme eux. J'entendais, juste à la bonne taille quoi. 

Là tout de suite, la mer nous fait face, à moi et mes arrières goûts d'édredon. Son petit nom importe peu. Plus je contemple la mer, plus la mer m'attire, et plus je comprends qu'elle symbolise mon premier et mon dernier rempart 3D contre l'enfermement. L'incarnation d'un espoir, la promesse d'un ailleurs, ou celle d'un après, l'esquisse d'une consolante, un refuge frais et dispo. Le visage connecté du paisible.

J'habite un pont sur la mer, construit de mes mains durant mes nuits d'hiver.
J'habite un pont sur la mer, qui relie mes gestes à mes rêves.
J'habite un pont sur la mer, qui relie mes gestes à mes rêves.
(*)

(*extrait: Un pont sur la mer, chanson écrite par Arman Melies ) 
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:02

surf-girl.jpeg


Le long de la côte des Basques, du haut d'une falaise biarrote, je les contemple.

Ils courent vers l'océan. Ils courent comme si la terre ferme les rendait mal à l'aise et leur peau se désintègre dans l'air brûlant. Ils courent la planche bien calée sous le bras et transpirent cette envie pressante de ne plus pouvoir attendre. Ils ont assez attendu. Ils sont aériens et glissent sur le plasma bleu de l'océan. L'eau jaillit en étincelles volages, glisse souplement le long des courbes de leurs lombaires affolantes comme creusées par les soupirs impatients de leurs amantes. Le dos des surfeurs dessine une colonne féline, puissante et tranquille. Ils ont la démarche chaloupante quelques peu ivre du fêtard en fin de nuit blanche, au sortir d'une session. Ils ont les gestes lents et l'apaisement suprême. Ils sont convalescents.

Je les rejoins, je les rencontre; je m'en retourne finalement.

Je suis la houle de toutes ces vies, qui gonfle et monte, pour venir s'abattre ou dérouler inexorablement. Je suis le ressac, la marée montante et descendante. Je reviens constamment lécher le sable de cette plage, les grains de roches millénaires pulvérisées par mes caresses insistantes.

Le long de la côté des Basques, je foule le sol mat et mou. il résiste à mon passage puis s'affaisse mollement de quelques centimètres à peine, le temps d'apprécier mon empreinte comme pour mieux deviner l'identité de ce passage.


 
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 09:24


Voilà. 
C'était toujours comme ça. 
Depuis que le monde était monde. 
Y'avait ceux qui ne voyaient rien à force de trop gueuler. 
Et ceux qui voyaient tout en se faisant engueuler. 




cezanne.1897.jpg


- 'TOOOOOOP! 

- Quoi ? Mais quoiiiiiii-euh? 

- T'as dépassé. 

- Meuh n'importe quoi j'ai pas dépassé tu dis n'importe quoi d'abord! 

- Si 
là regarde, t'as dépassé, , ça bave sur le nuage. 

- Quoi ça?! Mais on avait dit que sur la ligne c'était ok! 

- Nanananan, c'est
 toi qui a dit ça mais nous jamais on a dit ça, pas vrai les gars qu'on l'a pas dit? 

- nan-brouhaha-nannannaanannonnonan-brouhaha-'fin sisisisi-brouhaha. 

- Bon voui, c'est vrai, ça dépasse, mais c'est joli non? 

Ha! Tu vois! Maintenant tu rends le jaune. Et pis de toute façon c'est nul ton idée, t'as déjà vu un nuage jaune toi? 

- Ben oui, quand tu regardes biensse, les nuages ils sont jaunes un peu. Mais pas que... 

- Hé peuchère, je vous l'avais pas dit qu'il était fada le nouveau les gars? Hanhanhan ( rires-gras-crayola ) 
jaunes! Et pourquoi pas la St Victoire en bleue tant que t'y es, fan de chichoune!

-... Justement j'allais vous le propos... 

- Allez ça va maintenant! Tu nous rends le crayon sinon on te casse la tête à la récré! C'est comme l'autre pignasse hier avec ses bonhommes qui dansent 
en se tenant la main. On aurait dit des tapettes un peu! Hey les gars, c'est une tapetttte, une tapett-euh! Des nèfles, jamais plus il pourra colorier avec nous le Matisse! 

- Ouaistapetteallezcassetoi-brouhahadepetitscons-ouuuuhlatapetteblabla!

- Allez Cézanne, tu sais bien non, on était d'acc' depuis le début, c'est la 
règle: le Mauvais sort
.



cezanne bleu



* en réponse au défi de the blog busteuse "et l'essentiel c'est le principal":
http://etlessentielcestleprincipal.blogspot.com/


"Ecrire une scenette, une pensée, ou quoi que ce soit qui sorte de votre crâne, sur le thème du mauvais sort."
 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 09:45

aurore_boreale_au_dessus_de_corbel.jpg


Tracé le cercle, le parallèle des godasses,
à pas prudents longer toutes les latitudes;
là l'équilibriste joue au fil de la solitude
confondue dans la masse du beau réel...

Sur ce lac gelé, reflet topic,
contempler l'éternité qui passe,
utopique, guetter, veiller l'humanité!
L'espace d'une nuit diurne
l'espoir fou de la revoir enfin
en son absence...

Entre les mains, un pain de glace
perdu aux confins des plaines scintillantes,
désaltérée la peau, ces vieux espoirs fripés,
foulées à reculons, nez à vif levé aux étoiles,
vasoconstriction des chevilles- l'immensité qui passe...

Plus rien n'est à l'exception du grand Tout qui enlasse
Plus rien n'est de tout ce qui jusqu'à l'or gris me lasse

J'ai trouvé la paix dans une aurore bleueréale
à l'aube d'un jour sans fin, un instant j'ai trouvé
Lapland en ton pays de cette paix qui délasse.

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Published by Lilas Kwine - dans Presque poésie
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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 17:50

http://lh5.ggpht.com/_hJ5Bu2ChDsQ/SydcFn5_mCI/AAAAAAAAAIA/D5JB78EXbjc/s640/P1000950.JPG

L'heure du thé, c'est d'abord la théière que tu ébouillantes deux ou trois fois; le bruissement du gunpowder entre tes doigts. Le crépitement de l'allumette déposée sous la bouilloire et l'odeur du soufre passées les secondes d'effet retard. Ce sont le sucre et la menthe fraiche égrappée d'un geste net et attentif, qui rejoignent le thé noir déjà légèrement infusé. Puis l'eau frémissante en cascade diaphane.
Et l'attente silencieuse, délicieuse, mains croisées, accroupi sur tes chevilles.
De temps en temps, tu remues les feuilles en surface- pas vraiment un thé à la régulière, et tu refermes le dessus de la théière qui a vécu.

J'ai appris à attendre avec toi, le regard au loin, avec la seule conversation de tes sourires bien assis au coin droit d'une bouche dont le souvenir des contours, physiquement, intimement, me fait frissonner violemment.

Tu verses le thé toujours en trois temps et je pense à ce proverbe que tu m'as récité la première fois.
« Le premier verre est aussi amer que la vie,

Le deuxième est aussi fort que l'amour,

Le troisième est aussi doux que la mort. »

Je pense à tout ça, en te regardant assis au loin; au détour de la dune où tu m'as donné rendez vous, ton short-board planté à l'oblique donne des allures de cadran solaire à l'espace...Il est 17 H en décembre. La chaleur s'estompe tranquillement à la faveur d'un soleil en phase d'amerrissage à l'ouest de tout.
Quelques étincelles humides dévalent les mèches châtains claires qui dépassent d'un cheich fatigué.
La houle démontée abîme l'horizon. Tu contemples et pourtant, paisible. Paisible.

Je t'envie.

Je me demande...Que sais tu?
Que sais tu de l'océan déchaîné qui te fait face?
Que sais tu de la masse bleue qui enserre tes lignes de flottaisons? Que sais tu sinon, l'adrénaline noyée des déferlantes vif argent; toute la part de mystère convenue.
Que sais tu au fond, toi qui invite à l'apaisement?
Comment ce remous turbulent déterre la part de calme réfugié en dedans? Comment es-tu profane, redevenu terrien?
Est-ce cette trace aperçue de tes pas, fugace, dans les schistes millénaires?
Est ce ton ombre chétive ridiculisée par la houle joueuse que d'autres, méfiants, considèrent provocantes?.. Tu te contentes d'embrasser l'infini.

Peu importe. Je me souviens d'hier...

Hier, c'est moi que tu embrassais. Ce sont mes cheveux que tu respirais; froissement des peaux, plaquées l'une contre l'autre et tous nos gémissements, et ta puissance, et les rencontres perpétuelles de nos marées montantes et descendantes à bon port...

Je m'assieds près de toi. Tu me souris.

Tu ne désires plus la vitesse. J'entends, celle qui t'emportait plus vite vers la fin au lieu de t'en éloigner.
Aujourd'hui si la lenteur n'est plus un rythme oppressant par opposition à la rapidité, ça n'a pas toujours été le cas. Avant tu n'aimais pas faire le thé. Ou plutôt tu avais soif, alors, tu faisais chauffer l'eau pour le verser sans autre cérémonie que l'extraction sèche d'un sachet extrait de sa gangue de cellophane. A présent le rituel du thé fait s'allonger les heures de repos comme le calme a remplacé l'empressement. Nul besoin de tourner le dos pour être face à soi, c'est le manque d'horizon qui te rendait aveugle.

Plus tard, tu me diras que l'humanité a besoin de la nature pour exister. L'homme a besoin de plus fort que soi. Il a besoin de l'amer pour soigner ses bleus, besoin de sel pour creuser ses blessures. L'homme a besoin de blessures pour prendre soin de lui à nouveau. Tu es pessimiste par culture, et optimiste par nature.

J'aime savoir que tu ne prémédites pas tes actions.
Je n'ai pas connu tes actions comme une succession de moyens destinés à atteindre un but, oh non, souvenir d'une veille encore palpable...
- Evidemment mon esprit dérive en d'autres endroits où la sueur est une humeur acceptable voir consentante. Comment pourrait-il en être autrement. Passer la nuit avec un homme qui a oublié jusqu'à l'existence même du mot performance me laisse rêveuse, paumes des mains quelque peu moites -

Aujourd'hui tes gestes sont beaux, ancrés souplement dans le sublime présent.
Je pose ma main sur ton épaule.
Demain je m'en irai, en essayant de ne jamais oublier.  

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Published by Lilas Kwine - dans Limite nouvelle
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 00:00

                                        http://blogs.ionis-group.com/supbiotech/blog/media/globule.jpg

Il est des contemplations à cueillir distraitement comme ces rêves délicats dispersés par l'orage.
Il en est des transes...Inspirer, se nourrir, s'inspirer puissamment si près des pores de ceux qui...
Il est des temps élégants pour s'étendre -shhhhhh- à même l'étendue fraîche d'une ombre jeune et claire
Il en est des drames effondrés qui trébuchent, se recueillent en si peu d'autres- rares, ces bras agréent l'opacité discrête. 
Des temps pour s'abandonner aux espoirs antiques dont quelques embués s'obstinent patiemment à poursuivre les traces.
Des temps où l'on se guette, où l'on se scrute à basse fréquence. 

Tadam...Tadam...
Tadam...Tadam...

Tadam...Tadam...
Tadam...Tadam...Pam-m-m-m-am-am-mmm...

Et le sang pulse en dehors de l'écho, cogne et recogne; aux parois épithéliales résonne le fou qui enfonce la porte d'un royaume héroïque; sans autre reine que l'absence de lois vaines...

...Il est des joies négligées, des ardeurs parfois presque à l'heure. 
Il est des peines à contretemps lorsque la messe est déjà dite, des chagrins insoutenables en des phalanges comprimées; tant de passions encore, consumées au cendar du mémorial.
Il est de la sueur, des cris, des gémissements; de la jouissance oh oui, encore et encore; il est des suppliciés expirants gorges sèches, des consentants sans retour à l'ante-pénultième radicale.

Il est des jours arides d'éveil comme des nuits taries de songes. Quelques mensonges apaisent comme une pluie d'été...
Des secondes si profondes qu'elles confinent à la perpétuité, des heures creusées de khôl saturnien. Et ces abandons béats au sommeil graduel. 
Il est des déclins amorcés le rire aux éclats, des cirques et des canyons franchis deux pas d'élan! Il est des frontières gommées d'un battement de cil. Des battements de coeur stupéfiés devant tant d'outrage! Des à présents enfouis sous le passé décomposé. 

Il est des temps pour se dire, d'autres pour taire. Il est des temps pour lire et ma pensée rentre en hiver.
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Published by Lilas Kwine - dans Presque poésie
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 11:01

http://www.meeting-air-lens.com/www.uploaded_images/Farandole.jpg


Bien !


C'est dimanche. 20 decembre d'ailleurs. Il est 6 heures au clocher de l'église, dans le square les arbres poétisent mais surtout se les gèlent. Raison de plus pour sortir du lit à l'aube par moins 5 et aller se catapulter en tir direct-downtown direction Banqueroute sans passer par la case départ.

Ah oui ? Un dimanche?

Ben oui. Un dimanche. Je le rappelle à ceux qui seraient plus illuminés qu'un sapin IKEA ou simplement les seuls à se terrer dans leur abri anti-nucléaire sans talkie de secours ( cf méthode d'assistanat en cas de fin du monde) ces derniers mois, dans 5 jours, c'est Crissmeusse. Pas besoin d'être la Pythie de Delphes pour prophéter que ça urge un max.
Dit autrement, vous êtes dans une mouise pas possible parce que les jouets sur la liste d'Arthur à l'heure qu'il est, ils sont aussi introuvables que le Graal.

Alors, soit, mais on m'y reprendra pas twice: les rues bondées, les gens compressés comme des pringles en tube ( avec parfois l'haleine cream & onion qui accompagne ), c'est Jungle Bell qu'il faut chantonner les amis, pas Jingle Bell.
Cependant le pire du pire ... 
LES FILES D'ATTENTE. Let me explain: la dernière fois, j'étais québlo à l'arrêt depuis 45 mn dans une file d'attente en position 69, une vraie chienne de chasse (Oh, ne riez pas là bas, pour se permettre le rire gras, faut avoir essayé...Vu? Ok, donc en recause...) quand soudain une idée a surgi en moi tel un cavalier du fond de la nuit.

Et si je concoctai 
une petite méthode de survivance, histoire de rendre les choses attrayantes comme pas deux la prochaine fois que vous choisissez la wrong file. Pourquoi j'ai attendu Noel pour mon idée de génisse? Parce que pour moi d'habitude, la file, c'est comme les repas de famille le dimanche. Y'a longtemps que je pratique plus pour raison de contexe périphérique. Je vous expliquerai un jour.

Alors, justement, 
CONTEXTE:

17H45. Vous avancez en slalomant avec la grâce d'un lamentin en fin de carrière, aux manettes d'un dancing couine caddie, du genre de celui qui a déjà du servir de brancard d'urgence en 14-18 à Verdun, léger comme un bunker. All around, des colonies de bacté-kids entre 3 et 6 ans aux doigts collants qui vous agrippent ras la fourrure-synthétique (ça vous apprendra à céder aux sirènes de la mode automne-hiver 09).
Coup d'oeil à droite, coup d'oeil à gauche. Nan, y'a pas une caisse qui semble valoir plus le coup. Créneau et laitssego.

SAUF QUE! Vu Que la filasse straight on mesure pas moins de 7 m, vous avez pas pu mater LE truc total-recall-fatal-bazooka. La petite étiquette là sur le veston du caissier trop mimi (vous avez choisi la file pour ça même, soyez de bonne foi). " en formation " qu'y fallait lire et pas "Antoine Mation". Poisseuse myope que vous êtes. En gros, vous êtes piégée.

"ÔWH MY CHRISMAS-GOD, WHAT HAVE I DONE !".

And by the way, yes you are, kind like TRAPPED IN THE SUPERMARKET between the turkey and the crissmeusse poudingue en plus. Fucking Sunday.

18H10. N'empêche, vous êtes un peu perdue dans vos pensées philosophiques (" et si je choisissais plutôt un blush indigo trash-paillettes pour le 31..") donc au début, ça vous échappe totalement. Et là, un truc trop S.F arrive.
Vos voisins de 
files bougent.
Alors que vous pas!

Bon, pas de panique, c'est là qu'il faut avoir bien prévu le stroke. Alors, QUE DIABLE OPERER DE CONSTRUCTIF DANS 
UNE (putaindesamèreettoutesafamille) FILE D'ATTENTE?

- reconsidérez sérieusement votre carnet de contact de phone. Le truc qu'on a toujours envie de faire mais bon, pas le temps quoi. C'est le moment d'éjecter Tatie Framboise par la sim-soute (la dernière fois que vous l'avez appelé, pour vous un tampon c'était un machin avec de l'encre qui fait des formes). Et pis Xavier Machin, votre voisin de radiateur en terminal cours de Deutsh. Ok il était niedlich* m'enfin il a cinq mouflards maintenant, faudrait voir à avancer. Il vous appelera plus, c'est sur.

- faites un peu de méditation. So fashionnable (bien plus que la fourrure synthétique et moins onéreux qu'un billet d'avion pour le Tibet). Si vous n'êtes pas persuadée de l'effet, souvenez vous, la dernière fois que vous êtes sortie de l'eau fraiche et salée pour vous vautrer en descente de lit sur le sable chaud...Hummm. Idem, the same relax effect. C'est pas moi qui le dit c'est Matthieu Ricard dans son zen-bouquin "l'art de la meditation". Of course, précipitez dans votre inconscient la fois où vous êtes sortie de l'eau avec le top en haut des grelots sans vous en rendre compte, un air bienheureux scotchés aux zygos devant 450 touristes hilares, ça enclenche direct la fermeture d'urgence des shakras.

- checkez les repas de la semaine, vous qui râlez régulièrement sur Votre Entourage pour qui "Repas Equilibré" évoque plutôt le canasson qui court à 14 H dans la 5em à Vincennes.
Quoique. Non, vous risquez de perdre votre place 
dans la file d'attente en relarguant discrétos ("oh! Mince, j'ai oublié le Lotus..") le caddie à la sauvage pour reconsidérer la totalité de vos achats.

- dégainez votre nintendo DS et vos écouteurs intra-auriculaires. Si la musique de fanfare de Mario Kart vous sort déjà par les trous de mouk' (ouais je sais, mon côté délicatterpillar, cette mijaurée et néanmoins amie Lilas me le reproche souvent), y'a des games pour que la zénitude soit désormais comme Brokeback Moutain at the end: sans secret.
Du coup, la relaxation (cf plus haut) c'est plus sympa. A noter que si vous n'avez pas de console de jeu, et pas d'idée de cadeaux, Crismeusse c'est dans 5 jours.

- faites du sport. Vu que c'est de la perte de temps d'habitude quand vous en avez pour des trucs intelligents, autant juxtaposer deux activités inutiles quand l'occasion ne vous laisse pas le choix. Y'a pas meilleur endroit que 
la file d'attente pour se sculpter le fessier, mais aussi surtout le transverse.

" Transe Verte? C'est quoi, un trail ? ".

Meuh nan, c'est le muscle abdominal profond qui soutient joliment vos viscères au lieu que ça ressemble à un sac poubelle éventré un jour d'encombrant; çui-là je vous jure, on le travaille pas assez qu'y me dit mon voisin prof de sport. 

"Comment on travaille le Transeverte?"

Fastoche les balloches. Inspirez à donfffffff. Québlo!
Et là in'n out, in'n out rentrez le bidou, relax, 5 fois de suite. Etttttt. Fiouuuuuuu. Exxxxxxxxpireeeeez.
Cependant! Ne pas pratiquer si vous avez lunché genre des spaghettis alla puttanesca. Ou vos voisins de
 file- à juste titre, vous exploseront la tronche à coup de séparateurs de courses (peut être l'anchois, ou l'ail, on ne sait pas trop).

- Last but no least. Si finalement vous déconnectez total, y'a un truc marrant à essayer. 
Attention, l'exercice demande un certain sens du rythme et de la coordination. Visualisez plutôt: vous êtes le dernier de la file. Commencez à chuchoter la mélodie de "la macarena" du bout des dents en oscillant discrétos de la hanche droite. Ok. Claquez des doigts maintenant. Clac-clac-clac-clac. Ouaiiis, ça commence à prendre. Voyez plutôt votre voisin de devant qui commence à taper de la converse en rythme. Posez subrepticement vos mimines sur ses épaules et entrainez sa hanche droite dans la même choré que la votre ettttt, c'est parti mieux que des dominos!

"Dale a tu cuerpo alegria Macarena
Que tu cuerpo es pa' darle alegria y cosa buena
Dale a tu cuerpo alegria, Macarena
Heeeeey Macarena AAAhAA! "

21H00
. Alors reprenons. Vous rentrez en:

- étant plus souple et plus brillant des fibro-myocites
- avec des menus sains sur le carnet pour next week (mais sans lotus)
- tonique comme une vague d'embruns iodés dans la face
- ET bonus track, avec vos courses, des idées de cadeau de crismeusse et plein de nouveaux amis.

Moi je pense comme vous, j'ai pas fait dans le futile là.

*Niedlich en deutsh, ça veut dire "mignon" dans mes souvenirs. Enfin j'espère parce que si ça veut dire autre chose genre " cafetière" ça veut pu rien dire du tout...
.

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Published by Lilas Kwine - dans Total délire
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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 23:12


Je l'observe à la dérobée, de la chambre à coucher.

Elle se brosse furieusement les dents comme pour empêcher les révoltes invisibles de sourdre.

Mais son regard est embué et les clichés y dérivent en rafales au rythme binaire d'un battement de paupières. Le blanc du miroir n'a d'autre teint que sa pâleur exsudée. 48 heures sans sommeil et un hiver qui manque cruellement d'UV. Elle doit sentir mon regard car elle se réfugie dans l'angle de la salle de bain, refusant d'offrir son reflet.

Ainsi, je ne peux plus la voir mais j'entends gémir haut ses questions. Ni elle ni moi n'avons les idées très claires. Amertume du vin qui ère, un de ces soirs où les cadavres de bouteilles hantent encore la table basse. Le carmin a volé férocement d'un verre à l'autre en slalomant entre les volutes de fumée.

En dedans, elle écoute impuissante des pensées fugaces, au détour rasoir des silences qui l'agacent. Elle réfléchit fort en l'absence de ce sens qui l'obsède. Personne, personne en ces instants ne sait si bien la tenir dans ses bras qu'elle même. Pas même moi. Encore moins ce soir.

C'est l'angoisse qui soulève des montagnes de tensions en forme d'ourlet douloureux, là, à la plissure d'un front que beaucoup aimeraient embrasser en guise d'introduction. Je dois dire que pour une fois, j'y suis pour quelque chose. Anna a décrété que la soirée était terminée dès que j'ai posé la question, comme elle déposait doucement le Roi noir de biais sur l'échiquier.

Elle traque sa douleur au coin des gencives irritées. Filet de fluor au coin des lèvres, les larmes débordent au coin de ses yeux et emportent les alluvions de son mascara en rivière sombre à la verticale des traits. Même comme ça elle reste belle. Elle aime tout ce qui dépasse du cadre. Par revanche envers les 3/4 de ses congénères qui passent leur temps à enfermer leurs semblables dans des cases hermétiques.

C'est un de ces coeurs invincibles. Une forteresse imprenable avec vue sur la mer démontée. Souvent, elle admet avec malice que j'ai eu de la chance.

De l'attrait qu'elle suscite, elle n'a même pas conscience. Elle refuse les avances parce qu'elle ne sait pas les voir et, combiné à son charme renversant, c'est bien ça qui lui vaut tant de succès. Elle se détourne des regards qui la surprennent en maudissant le rouge pourtant charmant qui lui monte aux joues. Cette popularité est compréhensible car en dehors des marées hautes de ses pensées noires, c'est une jeune femme plutôt jolie, facile à vivre et dont le sens de l'humour affuté comme un katana offre une compagnie des plus agréables. Elle a le verbe aussi haut que ses talons brillent crânement. Elle les choisit vernis comme la chance. Elle pérore avec entrain, les mains perpétuellement occupées par un verre, une cigarette ou toute forme d'explication complémentaire à ses discours enflammés.
Elle refuse les principes par principe. Nie les lois du genre en bloc, rejette les règles qu'elle qualifie à voix haute de "débilitantes et infantilisantes". Déroule des kilomètres de macadam à réinventer ses propres codes.

Elle sait depuis toujours que rien n'est plus creux que le concept de justice- Egalité fraternité liberté, n'empêchent pas tous ces gens de crever et re-crever sans raison à n'en plus finir, tu comprends...Elle aime les bars et les fréquente beaucoup. Je l'ai rencontré dans l'un des nombreux troquets un peu brinquebalants du quartier Lillois de Wazemmes.

Evidemment ou pas, je suis tombé instantanément amoureux fou d'elle. Toujours est-il que. Premier coup de foudre à 36 balais; one shot right in the middle.
Bang bang. Foudroyé raide sur place le mec et c'est foutrement foutrement vivant que je me sens depuis. J'imagine que j'y trouve mon compte à ses bizarreries séduisantes comme une saison des pluies en plein Mojave.

Si ça a fonctionné, c'est en partie parce que je l'ai écouté avec attention, sans aucune lueur de méfiance ou de moquerie dans les yeux quand elle s'est engagée sur le sentier branque de sa théorie très...Personnelle sur le sens de la vie. Elle aime tester ses rencontres et utilise volontiers cette histoire pour voir ce que ses interlocuteurs si avenants ont dans le ventre. Elle en a découragé plus d'un. S'est faite traiter de folle à plusieurs reprises.

Par exemple, tu trinques, tu discutes de tout et de rien après l'avoir abordé au prix de moites efforts, mais c'est là que tout commence. Sans crier gare, elle t'explique passionnément et avec force détails que tous ces trottoirs arpentés et la nuée de destins rencontrés à la croisée des verres, n'existent que dans sa tête. Oui, car elle est l'invention fantasmée d'étranges Entités que d'autres bouleversés, naïfs ou autocrates dans le pire des cas, prient vainement en les appelant Dieu. Au regard de sa perception d'un certain réel a-priori unique si l'on suit sa théorie, ça lui plaît de penser que peut être l'Histoire telle qu'elle l'a apprise dans les bouquins de classe, ne vaudrait alors que le temps de son histoire à elle. Et finalement c'est rassurant de penser en un sens qu'elle ne teparle pas, enfin, pas vraiment à quelqu'un mais à une image de son cerveau, programmé pour te faire apparaître un lundi soir 17 décembre à 22H30 heure locale de son espace temps, etc... Sauf que je suis rentré instantanément dans ce délire qui ne collait pas avec l'image de la brune au regard vaporeux accoudée au comptoir avec moi. Il faut croire que je suis un des seuls à avoir passé le test haut la main. 

Parfois, elle me demande ce que je vois de mon côté et on se marre à imaginer les fréquences audios de mes réponses se modifier dans les airs pour correspondre à ce qu'en attendent les DMD (Dieux Marionnetistes Dinguos) qui s'occupent de son cas...C'est devenu une private joke, mais c'est aussi sa façon bien à elle de solliciter un avis de ma part. Ce qui est rare.

Elle s'obstine à répéter ne rien comprendre aux relations. Ce à quoi je rétorque en riant qu'une fréquentation de 3 ans x 1 nuit par semaine, ce n'est pas si mal pour les deux incapables dont une a-sociale que nous sommes.
En réalité ces derniers temps, j'aurais envie de répondre: "Oui mais nous?". Mais la pensée d'un "Ce n'est pas une relation" asséné sans concession, me freine dans mes élans. Je n'insiste pas sur le sujet de toute façon, même pour rire. La simple idée de créer du lien l'obsède autant qu'elle lui comprime la trachée au bistouri. Elle en crève, du regard des fantômes qui n'ont pas peuplé son histoire. Elle ne craint rien plus que l'enfermement.

Par contre, elle aime qu'on la touche- physiquement j'entends. Elle s'abandonne aux contacts avec une rare sensualité, ou se déchaîne comme la tempête; les caresses la redessinent vivante le temps d'un frisson. Voilà le seul lien qu'elle reconnaît concéder avec aisance.

Quelque part je devrais m'en réjouir. Une maîtresse qui parle librement de votre femme devant vous, en plaisante et menace de couper court à toute relation si vous évoquez la disgrâce de votre couple (quant à votre envie de divorcer, même pas en rêve)...Avouez que ça n'est pas commun. Juste avant de m'embrasser, devant la porte cochère où je l'ai enlacée, elle m'a demandé si réellement j'étais bien marié...Juste pour être sûre. Sans blague...

Elle se qualifie volontiers de sociopathe quand on lui demande de citer une qualité. Ca l'amuse beaucoup lors des entretiens d'embauche. Comme elle est brillante, elle passe toutes les étapes avec la tranquillité du chat ronronnant près du poêle. Une fois la certitude acquise qu'elle sait encore donner le change de la normalité, elle se retire du jeu au bout de quelques mois- finances minimum obligent.
Elle sabre net tout semblant de construction. Elle n'accepte l'échec qu'à condition de le contrôler. Aux échecs où pourtant elle excelle, elle n'accepte jamais que de défendre. Elle perd à chaque fois mais résiste indéfiniment. Gagner lui importe peu. A quoi bon? Si la vie n'est qu'une suite de résistances acharnées, alors la victoire n'appartient qu'aux orgueilleux et aux tyrans. Chaque partie se prolonge des heures à droite des verres pourtant elle refuse de concéder que sa victoire à elle, c'est de prolonger la survie.


Elle répète qu'elle connaîtra la fin du monde uniquement parce que la mort est à son image: insondable, bouleversante, inconcevable. Haïssable. Elle ne sait toujours pas si elle doit aimer la vie ou la détester. Toujours est-il qu'en l'absence de choix de cette situation, et en attendant quelques réponses plus précises, elle ne veut pas la perdre. Elle apprend même à en profiter avec assiduité et un certain raffinement.
Si l'univers est si flou, dit-elle, c'est qu'on ne nous a donné que la possibilité myope de regarder vaguement au delà de concepts infiniment contrariants de frustration. C'est la seule pensée acceptable au présent, celle qui la maintient collée à la paroi de la normalité ambiante, un chapelet de mousquetons contre le décrochage vers la folie. Elle accepte un jour sur deux cette condition par résignation. Le reste du temps, elle creuserait bien le sujet seule dans la lumière crue de ses écorchures si le quotidien lui en laissait l'occasion.

Je n'ai pas de problème avec tout ça. Pas de problème à partager mes plus beaux fous rires en prenant mon pied avec celle qui je retrouve au 76 rue du Pont plusieurs mardis par mois...Pas de problème à voir grandir son ombre sur mes moments loin d'elle. Pas de problème à envoyer mensonge sur mensonge à ma femme et mes gosses. Pas de problème avec cet autre « nous » qui n'existe pas. Sur ce qu'elle pense de moi, je ne lui pose jamais de question. Sauf ce soir où un relent de mélancolie a agité mes émotions jusqu'à l'ébullition pour s'échapper de la cocotte-minute de mes sentiments. Je suppose que c'est cette discrétion qui a joué en ma faveur. Ça et l'alliance que je tripotais nerveusement autour de mon annulaire bien sur. Ne reste plus ce soir qu'à attendre qu'elle vienne me rejoindre, pour une nuit supplémentaire, une fois la tension retombée. Je n'ai pas de problème non, sauf de peiner à m'avouer à moi même, que j'espère bien plus à présent. 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 13:01





Souviens toi.
Elle est où la bouffée d'espoir, l'air frais et vivant, 
celui que t'inspirais quand t'avais fini tes devoirs,
celui qui t'emmenait en ces lieux où les parents
t'interdisaient de poser le regard.

Souviens toi...
Elle est où la liberté de devenir
ce que tu rêves d'être en secret,
que la seule barrière de tes tripes arrête
quand t'as passé l'âge du choc' et des bonbecs.

Arrête! Tu le sais bien, tu le sais non ?
Que c'est la trouille qui t'enchaine au fond 
de cette vie là qui n'inspire que le mépris,
c'est drôle, ou la tristesse profonde
à tous les gens comme toi. Pourtant...

Souviens toi!
Elles sont où tes belles paroles?
Cette force qui nous faisait danser,
et incendiait nos pupilles avec des feux de joie,
cette force qu'on sentait vibrer si puissante
quand tu racontais ta déraison, ta foi, tes rages, 
et tous tes grands horizons, 
la lame de fond qui nous submergeait 
ou se faisait caressante à flanquer des frissons 
aux plus retranchés d'entre nous, 
elle est où ? Nous dis pas que tu sais pas, 
que tu sais plus...

Dégaine pas tes excuses à deux balles, 
tu vaux mieux que ça au fond, 
mieux que cette vie sans fond, sans âme.
T'arrêtes pas de le dire d'ailleurs, combien de fois tu nous l'as répété
que l'envie c'est ton truc, que toi, toi...T'es pas du genre à t'écraser!

Mais l'horloge continue à faire le tour et tu continues
de t'enfoncer dans cette vase molle et sourde,
ces traces de pas que tu crois n'être qu'à ta pointure 
parce que bien sur, c'est plus tranquille la vie, 
plus tranquille si tu vois pas plus loin 
que le bout de tes chaussures

On le sait au fond, nous aussi on sait tout ça,
comme toi on veut pas souffrir trop;
c'etait dur et il a bien fallu admettre, 
que c'est pas qu'un mauvais moment à passer, 
que la douleur c'est tous les jours qu'il faut se la coltiner...

Elle est où la mort qui t'angoisse tant, te file la crampe au bide, 
et resserre lentement ses doigts pâles sur ta gorge
quand tu te retrouves seul noyé 
dans l'obscurité de ta mélancolie? 
T'as nourri tant de regrets à la pelle, 
t'en as oublié qu'avec tu pouvais élever aussi 
des chateaux de sable ou des océans, des royaumes
ou un univers fantastique plein d'elfes et de géants..

Mais toi dans le boxon de ta non-vie, 
qu'est construit 
plus carré qu'un rubicube trop parfait, demande toi 
ce qui te pousse à résoudre cette fausse énigme, 
ce qui t'obstines à ranger quelques couleurs 
qu'étaient bien plus belles mélées ensemble 
sur le tableau de tes faiblesses;
à quoi ça rime tout ça, à quoi...

Alors...

Arrête s'teu plaît, arrête de coller à l'image 
que te renvoie le miroir terne de ceux
qui n'ont pas de Foi ou meurent d'effroi,
balance ton poing au travers, 
fais confiance à ton radar, 
celui qui te souffle, qui t'insuffle, qui t'inspire 
mais que t'étouffes, tu tues, et qui 
te déchire un peu plus chaque pas

Regarde, regarde, 
à force de refuser d'être toi, t'y vois même plus rien, 
tu vois même pas que t'existes plus, 
t'es même plus rien, t'es même plus là...
Souviens toi,
tu criais:
"y'a pas une solution au bonheur""
tu disais:
"y'a que l'acceptation de ton existence 
ou à jamais celle de tes résistances."




 

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Published by Lilas Kwine - dans Quasi slam
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:10





Bien !


Aujourd'hui, 
EXERCICE . Faites pas la tête, c'est pas la fin du monde...

Enfin si, justement. Il en est question. C'est même d'une branchitude fatale (je fais moi même preuve d'un a-propos foudroyant quand j'y pense...)

Et je n'évoque pas uniquement cette petite merveille du 7em art qu'est "2012" à l'affiche actuellement. Y'a quelques jours, je lisais distraitement les "actus"
yihaa ( tout est relatif comme disait le Nobel en question) quand je tombe sur un sondage à la portée plus profonde qu'un scud débridé sous acide: "que feriez vous si la fin du monde était annoncée pour demain?"

Et ben ça ...

Bennn, là ... Fffff, attends voir...

Euhhh. Ffff nan je vois pas.

Rhaa la sotte question piège qui vous fout le we en l'air en 2 s de temps.

Donc là CHOC intersidéral, je me rend compte en paniquant ma race que jensaisfoutrerien. Ce qui n'est pas pour déplaire à mon petit tempérament légèrely nevrosed sur les bords qui profite de l'opportunité pour rappliquer illico façon tsunami sans wild card le cuistre. 
Ben tiens, tu parles, déjà que j'ai déjà du mal à organiser sereinement des vacances prévues dans 24 mois. Alors organiser 24 H en 24 H, bonjour le big défi!

Bon alors des fois que ça nous tombe cashlaface sans sonner à l'interphone et que les Incas se seraient plantés pire que moi à l'épreuve de math du bac ( genre ils étaient tout le temps bourrés au Mezcal pendant les prévisions et finalement c'est pas 2012 qu'il fallait lire dans les tripes des conquistadors, mais 2009), je vais faire l'effort d'élaborer une 
petite liste d'urgence qui aidera les plus désorganisés d'entre vous à opérer des choix judicieux le jour venu.

Alors, prem's déjà faut essayer de se mettre en contexte pour que la liste elle soit efficace.
Non parce qu'il faut bien s'imaginer: c'est pas parce que c'est 
la fin du monde que vous allez pouvoir tout vous permettre tralalilarère-on-ira-danser-lever-nos-verres du jour au lendemain la fiesta la fiesta. Imaginez plutôt un jour d'ouverture des soldes chez carrouf euralille puissance 10 milliards. Les premiers seront servis et les autres, écrabouillés au sol comme des escargots imprudents sur le champ de course un jour de grand prix de l'Arc. No Pity at all! Et TOUT LE MONDE va vouloir son bout de muffin en prétextant qu'il y a droit. Capish?

Alors déjà sont 
rayés de la liste :

- les resquilles genre pillage de vitrines de luxe. Je vois pas l'interêt de se claquer un diadème sur le brush' un jour de 
fin du monde. Et rouler dans une ferrari à fond de balle dans les rues downtown, je peux comprendre le kiff, mais... Remember! C'est la fin du monde gros malin. La foulasse sera agglutinée sur le bitûme en caravanes plus longues que les bouchons sur l'A1 en plein 15 aout, pour effectuer un dernier exode vers on ne sait où. Donc tout ce que vous allez faire, c'est avoir l'air d'un con à rouler au pas dans une lamborgh' rutilante. Conclusion, gaffe, déjà biffez tout ce qui comporte trop de déplacement.

- une soirée Lido ou Moulin rouge (toute proposition est recevable soyez tolérants, ceux qui ricanent, là): le personnel se sera tiré depuis longtemps et le seul spectacle auquel vous assisterez sera celui des malheureux qui ont toujours rêvé de faire le show avec des plumes dans le cul au moins une fois avant de mourir. Dites vous bien que c'est pas pour rien si ils étaient comptables en programme chez weight-watchers avant. Ca n'a rien de deshonorant celà dit. Je dis juste qu'ils ne maitrisent pas la descente d'escalier en talons aiguilles. Au prix de la place, merde...

- un dernier repas gastro' façon vidande de CB , conversion caviar à la louche et truffes noirs au kilo.
Alors, la fine gueule que je suis n'a rien contre l'idée, mais franchement, vous auriez encore de l'appétit vous, en sachant ce que vous savez! Les langues de feu finales, les cris d'adieu, les déchirements, les pleurs, la peur en robe de chambre dans la rue, les coups de flingues, les hurlements, les fuites de gaz (oui y'aura forcément des tas de suicides aussi). 
La fin du monde quoi..Oula non, merci bien, pas de petit blini sarrazin Bio et foie gras frais fleur de sel à la plancha pour Gilberte. La terrible info sous le coude, je serais même prête à refourguer ma place reservée depuis 6 mois chez Adrian Ferra.

- la vengeance: ne cherchez pas à vous venger de ceux qui se sont ligués pour vous plomber l'existence jusqu'à présent. C'est pas le moment de solliciter un rdv avec votre boss pour lui cracher ce que vous pensez de sa façon de gérer les affaires. Oubliez aussi le cassage de gueule en règle de vos débiles mentales de collègues qui ont joué leur rôle de fouines mythomanes jusqu'au bout. Dans tous les cas elles vont crever, d'une certaine façon dites vous que justice est faite.

Bon mais alors, que faire putaindebordeldemerdeld'épilationdumaillottropdouloureuse? Avant tout, soyez 
PRAG-MA-TIQUE. Organisez vous, en vanity case léger, la dernière journée de vos rêves.

Les conseils:

- restez à proximité de là où vous êtes (cf plus haut les déplacements blabla). En tout cas, ne prévoyez pas un déplacement de plus d'une heure, au delà de laquelle la perte de temps serait inouie proportionnellement aux minutes qu'il vous reste à vivre. Bon sauf si ça vaut vraiment vraiment le coup. Genre écouter le dernier concert de Damien Rice en show case extrêmement privé avec invités triés sur le volet à Reykjavik (ne me demandez pas comment j'ai eu la place, je ne l'ai pas eu).

- prévoyez des mouchoirs -vous allez chialer c'est certain, et surtout, des anxiolytiques puissants. De l'alcool fort aussi. Vous avez beau vous préparer, vous serez forcément un brin sous le choc. Autant limiter les dégâts et ne pas foutre en l'air vos dernières 24 H en paniquant bêtement.

- achetez un vélo solide, efficace, et entretenez le régulièrement. Si vraiment vous avez besoin de vous déplacer le jour J, vous serez content d'échapper aux bouchons. (Quoi? Lille-Reykjavik en vélo, je le fais quand tu veux et je t'emmerde, me gâche pas la fin du monde)

- prévoyez une radio à pile ET à dynamo: vous serez content de l'avoir avec vous dans le foutoir ambiant si les piles tombent en rade et que 
la fin du monde a pris du retard.  Notamment si vous aviez prévu de faire le grand saut dans votre coin un peu en avance (pour une fois) sur l'horaire. Verifiez quand même que la fin du monde soit effective, ça serait trop con...

- investissez dans des talkies walkies longues portées (genre ceux qu'on voit trop high-tech dans les films) et distribuez-les à ceux que vous aimez. Moi perso, je sais que je crèverais d'envie d'entendre la voix de Mon Entourage raisonner à mes oreilles si la proximité physique n'etait pas de mise et que le vélo ne suffisait pas.

- si d'aventure vous décidez de faire ce truc un peu fou que vous n'aviez jamais osé avant ou que vous réserviez à "un jour peut être ", facilitez vous la tâche.
Cas pratique:  sauter en parachute. Bon faut pas rêver vous trouverez pas un aérogare ouvert ce jour là. Par contre, rien ne vous empêche d'acheter à l'avance un parachute ( avec un peu de chance en promo sur le site des anciens combattants.com), de vous précipiter en vélo (ah vous voyez ?) au sommet de l'immeuble le plus haut du coin repéré sur google earth au préalable (vous n'aurez aucun souci pour monter, tous les gens seront en train de dévaler les étages en sens inverse) et enfin sauter majestueusement du toit tel le cracoucass pour un dernier envol aidée par une longue gorgée de tequila à même la flasque de secours (qui c'est qui a raison depuis le début...?). A noter que de là-haut, la vue de la fin du monde sera imprenable. N'oubliez pas votre konica en bandoulière pour le souvenir (toujours des fois que, le mezcal, le retard tout ça ...)

- un dernier conseil en parlant de ça: tant qu'à faire, n'attendez pas 
la fin du monde pour les trucs fous. Car comme disait Mark Twain remarquablement " Ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait".

Gilberte, en direct du Mezcal. 

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Published by Lilas Kwine - dans Total délire
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