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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
  • Lilas Kwine
  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

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Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 18:16




Bien !


Aujourd'hui, je me félicite drôlement que vous puissiez me lire: j'ai plus un poil de voix.
Mes cordes vocales sont aussi efficaces qu'une perçeuse électrique dans le désert. Mais bon, vu que c'est un blog on est peacefull.

C'est parce qu'hier je suis allée au cours de chant.

Ouais, ça et puis, que je sois honnête avec vous, un de mes secret-dreams c'était de naître dans les 70's in Ditroye ( Détroit quoi) pour emprunter le destin brillant d'une de ces choristes motown choucroutées XXL. Vous savez ces nanas enrubannées dans des robes en strass qui vont toujours par 2 ou 3 comme dans les paquets indiv' de BN, et qui envoient le "AhOuh-Ouh, AhOuh-ouh ouuuuuh" sur le background en exécutant un déhanché sexy.

J'ai pris exemple, j'ai bossé dur. Lundi soir, j'ai fumé des clopes sans filtres comme un pompier californien, j'ai hurlé sur " Dancing Queen" avec un niveau de décibels fixé sur cran "porcelets en sevrage", le tout surmonté d'un début d'angine. Le cours du chant le lendemain, du fait, c'était bizance. En plus le shure amplifiait sévère mes rugissements rocailleux en Ut majeur asymétrique. Tellement impressionnant que j'avais quasi envie de m'inscrire à la nouvelle star en sortant. Amandine pouvait aller renfiler des moonboots vite fait.

Sauf que the day after...Plus rien, nada, 2001 odyssée de l'espace all around my mouth. Faut vous imaginer à quel point le quotidien devient pénible quand on peut plus causer vocal. Déjà y'a intérêt à avoir un très bon sens du mime, sinon, ça expose à de graves malentendus de communication. Je m'explique.

Prem's y'a des gestes à retenir:

- Ne pas prendre le telephone et appeler machinalement le boss pour prévenir que vous pointerez pas au taff pour raison de maladie. En oubliant que quand vous causez, ça sonne dans le vide. Surtout si vous n'avez pas masqué le number. Le boss, et d'une il va croire que vous vous foutez de sa gueule - ouvertement j'entends, et de deux, il croira pas une nano-seconde que vous pouvez pas venir ( "Vous êtes vivant ? Bien, alors vous pouvez bosser")

Deuz' y'a des gestes à ne pas faire evryouère, comme:

- ne pas chercher à mimer à votre boucher le bout de bestiole que vous voulez becqueter ce midi. Tout ce avec quoi vous risquez de repartir, c'est la camionnette du samu social plus le numéro de phone du vicelard de la file d'attente qui vous a maté en train de vous masser les seins avec insistance à l'étal en retroussant le nez avec le pouce ("poitrine de porc, poitrine de porc" que vous avez essayez de crachoter)

Mais revenons à nos choristes:

Moi le cours de chant "j'adore trop" comme dirait ma filleule. Au début, c'était pas mon idea; perso, je tapais le boeuf tous les jours, le pommeau de douche à la main, et j'avais pas trouvé une vile âme pour me le reprocher. Y'en a bien qui chante à la Boule Noire, moi c'est dans la Baignoire. Sauf que, et c'était même pas mon birthday, j'ai reçu en sorti de session y'a quelques semaines, un gentil cadeau des mains tremblotantes de Mon Entourage. C'est pas adorable franchement? Sur le carton dans l'enveloppe, y'avait écrit en gros devant " c'est ça ou moi" et pis derrière " bon-cadeau pour 30 cours de chant".
Moi j'adore trop l'humour de Mon Entourage. Du coup, même si j'en avais pas besoin du tout, un cadeau, ça se refuse pas et j'y suis allée.

Vous vous demandez certainement comment ça se passe, un cours de chant. Moi même avant, je m'imaginais le truc un peu façon couloirs de l'opéra Garnier, avec des petits rats en tutus pimpants, en train de tilter partout sur les murs au rythme des sons de violoncelles mal accordés en guise de B.O pour faire bonne mesure. Et là, juste au fond du couloir à droite, le cours de chant, avec Madame Pietrodonni Giuvanna, es-professor septuagénaire émerite, coincée derrière son Steinway rutilant en train de donner le tempo:

" Annndannnte , Andantee, Madame Bisouté, allez, plousse du lyrrissssme dannla voua!"

Et ben not atoll des caraibes in fact.

I téliou watt, le cours de chant c'est un peu l'équivalant d'un Hammam pour mes nerfs de femme ultra-moderne complètement stressful.

Sommaire:

D'ab', on inspire on inspire on inspire on inspiiiiiiire---etonexpire----fiouuuuuuuuuu. Ca c'est l'échauffement. Jusque là, trop facile, moi l'apnée ça me connait à fond que j'ai dit rigolarde à la prof, Jean Marc Barr c'est mon deuz' prénom et j'ai un pote, il s'appelle Flipper.

Après, on fait des vocalises, un peu comme la Castafiore, sauf que je brise pas de miroir. Je casse pas des briques non plus remarquez, mais bon, franchement Tarzan à côté de moi, c'est une vrai fiotte, la vérité.
Les vocalises, pour vous décrire, c'est un peu comme quand on fait des lignes à l'école.
Sauf qu'on les cause à pleine voix.
Alors bon, évidemment, faut un minimum d'indulgence, j'ai jamais été très fortiche en ligne. J'en faisais parfois des académiques, genre des "f" qui dépassaient pas les interlignes, en contorsionnant ma langue à la Gruss, concentrée par l'effort. Sauf que là, handicap, je peux pas tirer la langue pour faire des lignes vocales. Alors du coup, je dépasse souvent. Vous voyez quoi...

Et puis, rha, le moment que je préfère, THE MIC' , le mikecrofone hey! LA chance de ma vie, come-on allez Gilberte tu vas tout pêter, la couv' à poil dans Rock'n Folk, les groupies planquées aux chiottes du Ritz ou dans les vestiaires de la piscine, ça tombe ils se bousculeront pour porter ton sac et aller te chercher un slip en cas d'oubli..Han, c'est Hot stuff in here, Publicblicblic, LET ME INTRODIOUCE YOU, TO NITE , THE INCREDIBLE, THE EXTRAORDINARY, THE FANTASTIC GiiiiilllllllllllllBeeeeeeRTE BI-SOUUUUU..( la fille
cachée de Gilbert Bécaud si 'zaviez pas pige')

" Hé"
"HEEEE"

Euh, oui?

" Bon c'est fini le cirque, on y va? "


Ouais, c'est ce que j'aime bien avec la prof, elle est comme ça, un peu directive mais spontanée vous voyez. C'est important d'aller à l'essentiel.
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Published by Lilas Kwine - dans Total délire
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 12:38



Et je fus là, cri primal aux lèvres entamant l'hymne d'une histoire déjà gravée sur le marbre de mes désillusions. Traçées de ma voix les notes de ce prologue qui déjà ne m'appartenait plus. J'étais seule alors. A peine tombée des premières eaux, j'étais seule, dans les bras de celle qui m'avait portée.

Un peu plus tard, encaissées les gifles sèches des passions étouffées au son gluant de principes délétères, j'ai observé. J'ai entendu toute la surdité du monde, comme prétexte à la peur, comme arme de diversion. Diversion mal dissimulée dans les cuites d'oubli du vendredi soir et le spleen sanglants des dimanches sales hachés menus au désespoir. La vie dans le coin, c'était pas un cadeau non.

Et la rage s'est insufflée très vite, comme on fait l'effort de gonfler ces ballons de baudruches en poussant fort l'air en dehors sauf qu'il vous reste coincé dans les joues. Bam, d'un coup la mélancolie a soufflé tous ses vents au travers de moi, gémissant continuel des silences douloureux en mode mineur.

Ils m'ont dit de stopper, ne pas m'en faire, que la crise passerait mais moi, moi je ne pouvais pas m'empêcher de souffrir. Je transbahutais la misère des autres toute serrée à côté de l'absurdité du monde dans le sac extensible de ma sensibilité rebelle et contenue.

J'avais parfois quelques périodes de rémission.

Mais une fois compressées mes colères sombres, mes rancoeurs sévères avec l'humour et la légereté comme armes de dérision massives, une fois esquissées les limites d'un non-être consternant qu'à nouveau l'impuissance dévalait constrite, la piste noire de mes errements. J'en ai eu des hauts le coeur de ces trop plein de déchirures. J'arrivais pas encore à expulser.

Alors j'ai continué à observer. J'ai appris. J'ai visité les contrées de mon inconscient en guise d'adolescence sabbatique. Je l'ai vu dévasté, semblable au champ de bataille d'un destin trébuchant. Je regardais les autres et je me disais que j'avais quelque chose à faire avant le néant. Que je ne pouvais pas m'abandonner là d'un coup et ne rien faire de tous ces saignements.

Ils m'ont supplié de stopper, de les prendre ces cachets - «ça ira mieux tu vois quand tu oublieras tout ça». Que les autres fassent preuve d'un déni de bonne foi à votre encontre est sans doute la preuve suffisante qu'il reste des choses à entrevoir à travers ce mensonge ambiant qu'est l'humanité.

Moi, je ne pouvais pas espérer mieux que me pendre à l'espoir de ces maux. J'ai senti petit à petit le démon du jeu s'emparer de mes sens, grillant au doute la priorité. A défaut de partages, j'avais des envies de possession comme cache misère d'un trop plein de pulsions contenues. J'ai appris que connaître les mécanismes de soi était le passe-partout de la manipulation des autres. Si seulement j'avais eu confiance en moi. Je serais devenue le maître du monde. Ce n'est pas franchement que j'ai des scrupules. Je ne vois pas la nécessité de faire souffrir à bon ou mauvais escient toute espèce de souffle de vie qui traverse ma route. Mais j'ai l'idée d'une forme de noblesse dans les actes. C'est qu'au fond je l'aime la vie.

Dans les guerres de cent ans auxquelles se livrent mes contradictions, l'idée d'une certaine norme prend rapidement la poudre d'escampette avant de se voir crâmer vivante au bûcher de mes incertitudes.
Remplaçant l'univers que je ne savais encore entrevoir dans les abysses de moi, le blizzard d'une séductrice démence soufflait dure creusant les gerçures de mes introspections troublées. Je passais mon temps à perpétrer mes pleurs et je me baignais discrètement, presque délicatement dans les eaux de ce Gange, et je m'esclaffais, mes rires aux éclats en bandoulière comme drapeau blanc de tentatives d'intimité outrancière.

Un moment, j'ai tenté d'être deux, alors apprivoisant à reculons étranges, un sentiment nouveau qui trahissait mes entrailles. Mes repères aimantés ont coupé le fil rouge de mes alarmes de convictions en bonnes résolutions brisées. Mais la glue d'un fatalisme certain finit toujours par en rassembler les morceaux et je les ai replacés posément sur la vitrine de mes instincts.

La tristesse profonde dessinait les contours de ce moment de répit les jours de pluie les bras ballants.

Je peux pas me limiter au shoot d'adrénaline ultime. Je ne peux pas.
L'amitié m'a appris que l'on pouvait compter sur quelqu'un d'autre que soi à la condition ultime de ne rien en attendre. T'en connais beaucoup des gens comme ça? Y'a des étoiles ailleurs que dans le ciel. C'est aussi jouissif qu'une goutte d'eau après le désert.

Toi tu croyais me connaître, et moi, moi, je voulais y croire si fort à cette union invincible. On est parfois naîf dans un désir d'apaisement...Je t'assure, c'était à la mort à la vie, je n'ai pas menti, mais juste à l'aune d'un moment.
Pardonne-moi cet aveu, car mes pensées étaient sincères, simplement je me suis souvenue que les satellites ne s'arrêtent jamais de tourner autour des coeurs qu'ils font s'arrêter bien malgré eux. Faut être deux pour jouer à ce jeu là.

Je n'en finis pas de me consumer dans des désirs immédiats. J'adore ça, c'est ma collection privée, on a tous une collection débile. Moi je collectionne les pulsions amoureuses. Je me fais happer comme la grêle chute à 200 kilomètres heures sur un pare brise. Comprends moi bien, ça n'est pas vraiment "amoureuse" qu'il faut lire. Ca fait tellement midinette. Et midinette n'est pas, il faut le savoir, franchement le terme qui s'applique le mieux à ma personne. S'agit pas que de cul, j'ai pas franchement le physique d'un serial lover.
Non, n'empêche, je me brise en gorge nouée par le désir fulgurant. J'ai des raz de marée d'émotions qui me décapent les sens. Rien que d'y penser ça me flanque la tremblote dans le bas ventre et le souffle court. Un regard suspendu, l'élégance d'une main posée désinvolte, la noirceur profonde d'un geste d'humeur, et les musiques voyageuses, et l'onde qui me transporte droit debout sur la chevelure iodée... Je m'embrase, torche vivante, les deux mains branchées sur une bobine de cuivre dénudée de sa gaine protectrice. C'est le même genre de feu intempestif qu'un pyromane imprudent vient allumer sur les braises de mes tripes en fusion.

Et après. Quel jury condamnerait une certaine aptitude au bonheur?

J'ai plus à apprendre de la vie qu'elle ne m'en laisse le temps.

Et quand je songe à la fin qui vient toujours un peu plus proche de moi, je me retourne, j'observe les chemins entamés, tous ces sentiers de terre que je n'ai pas encore battus, et ces mains empruntées à quelques décennies de vent. Je veux le moment venu brandir mes derniers souffles d'avoir appartenu au grand tout de l'univers. J'aurais changé encore beaucoup d'ici là, j'aurais peut-être même frôlé la Sagesse de ma folie salvatrice sans le savoir. Et je songerai alors:

«C'est un jeu injuste, c'était juste un jeu !»

Et quand nous serons à nouveau livrés, chacun de notre côté au vent d'une liberté à laquelle nous n'aspirions plus, alors je penserai en souriant

«c'est un jeu injuste, c'était juste un jeu.»

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Published by Lilas Kwine - dans Limite nouvelle
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 09:00
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Aujourd'hui c'est dimanche, j'ai des bleus plein la tête, aussi je m'en vais vous conter
une chronique de pavés ou comment la vie ne vous apprend qu'à en découdre
quand elle devrait simplement vous apprendre à coudre.

Cette histoire, c'est du grand déjà-vu, un peu comme une mauvaise rediff du P.A.F,
l'histoire d'un petit con damné, à la pauvre mère morte qui avait par hasard
jeté les mauvais dés, frappé aux mauvaises portes.

Jules, appelons le cadet urbain comme ça, Jules avait des grands yeux de bonobo malin
et aussi les dents du bonheur, qui apparaissaient parfois
quand ça lui prenait de vous décocher un sourire.

Enfin, je dis sourire parce que même rire, il le faisait pas d'emblée, pas joyeusement,
c'était tout sauf naturel pour lui; vous voyez, Jules, il avait appris
que le rire jaune, l'humour cynique des prudents.

Jules, il avait souvent les mains dans les poches mais pas vraiment les siennes,
plutôt celles des passants, croyant qu'elles étaient remplies
de toute cette chaleur et ces attentions qu'il n'avait pas volé.

C'est du moins ce que me rapportait mon frangin qui du haut de son mètre quatre vingt,
avec Jules passait un max de temps à zoner dans le quartier,
la
'street' quoi, son mot favori du cours d'anglais.

Il pensait fermement que l'amour était une denrée rare et chère comme ce pain
qu'il galérait sévère à se dégôter chaque matin, pour caler ses appétits
de jeune loup affamé, car à cet âge on a les crocs...

Il portait le tee shirt large qui lui dépassait du futal, et tombait comme un voile
sur ses épaules rentrées quand il jetait ses genoux au sol, des crayolas serrés
dans ses petits poings rageurs, pour s'apaiser enfin;

Il étalait ses rêves sur le macadam fin, enchevêtrés comme des fils d'Ariane
reliant ses états d'âmes à toutes ses écorchures; à terre il se faisait tout petit
mais on sentait flotter une présence belle et hantée.

Jules, c'etait le petit voisin, le petit dernier échoué là en bas de paliers de cette famille
de travers, cette bande de crétins patentés, qui des liens de parenté
ne connaissait que les poings durs et noués.

Souvent on entendait gueuler dans le couloir froid au travers du buvard crade
qui leur servait de porte d'entrée; les gens du second passaient tous de biais,
en jetant à ras de terre des regards lâches d'égarés.

Mais toujours ils passaient leur chemin, sans un mot, sans l'ouvrir, car on a chacun
ses petits problèmes à régler, hein, la vie vous savez c'est pas toujours si
simple quand on habite à six dans vingt mètres carrés.

Le petit Jules et moi on s'entendait bien alors quelquefois j'allais sonner pour quelques
grammes de sucre en rabe quand à côté ça bastonnait sévère, vous savez,
histoire d'adoucir mes gateaux et la vie du minôt dans ce boxon.

Un jour je croise Jules dans le couloir, les cheveux en pétard, l'air un peu flippé
et le regard hagard; il me tend les mains, je les sens trembler, je lui dis, viens chez moi,
on va discuter cinq minutes autour d'un verre de bière bien frais. Oui Quoi?...

Ne jouez pas les petits bourgeois outrés avec moi, le chocolat, y'a belle lurette que Jules,
il en boit plus; le petit Jules se prend pour un homme, vrai de vrai depuis qu'il se laisse
plus tabasser sans rendre la pareille. Ce coup-là ne lui a pas porté chance...

Il me dit que c'est arrivé tard dans l'après midi, il ne sait plus vraiment bien, il sent les larmes
dévaler sur ses joues par coulées opalines, il sent le goût du sel et le sang sec
se mêler aux traces de pastels sur les contours de ses doigts.

Je le prends dans mes bras, je le serre pour la première fois, je l'étreins comme un fils,
comme un frère, comme cet autre si cher, que je ne reverrais peut être pas.
Je le serre si fort pour qu'il ne parte pas seul, qu'il n'ait jamais plus froid.

Je sais que ça lui suffira pour patienter, au petit Jules, pour repousser les murs serrés
autour de lui, avec la compagnie des vieux crayolas que je lui porterais
si on m'en laisse le droit. On s'entendra toujours bien, le petit Jules et moi.


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Published by Lilas Kwine - dans Quasi slam
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 08:22

       " Et miiiiiiiiiiirde, j'ai encore oublié mes couilles à la maison ..."



Bien !

J'ai déjà évoqué mon petit problème de cohabitation avec la mode (qui prend - c'est pas une excuse à la mord-moi le pif,  toute sa source à l'enfance lorsque ma mère, actrice dans Hostel à ses heures perdues en mode bourreau, pensait sincèrement que la petite Gilberte se ferait des amis à l'école en kilt et en fuseau. No error system, je suis bien le produit esthétique de la juxtaposition de frusques  has-been de surcroît pruritantes à mort que multiplie la manipulation parentale décadente).

"Je vais l'enfiler ton putain de Killllt mais détache-moiiiii!!!!"

Quand on me demande ce qu'est un blush, je réponds convulsivement "un super coup au poker", quant au gloss, "mais c'est une maladie génétique grave et orpheline chérie!". "Elle" c'est "un pronom personnel, pas un magazine grosducon". Ah, aussi j'ai été la seule à sauter de joie quand on m'a annoncé que le Sim était mort cet été. Mais là je plaide non coupable, excusée par ma fashion-nullitude.

Si vous n'aviez donc pas saisi à quel point le problème relevait du pathos, c'est chose faite.

Prenez justement le seulim, il y a deux ans ( "Peuh, au moinsse five yiiiirzes my pôvresse" me postillonneront à la face non blushée les affissionnadasses du brise-couille).

LE SEULIM, ou préciserais-je, l'ami idéal d'une contraception féminine en loucedé 100% de réussite tellement le bazar écrabouille les grelots des keums façon torture du 12em siècle qu'après on peut toujours causer que la natalité de la France elle soit tombée bien bas.
Et bien, cette chose a sévi des mois en guest des vitrines around the world, sur toutes les unes des couv' ( même celle de "passion cheval" je suis sûre), sur toutes les faces de lune de moins de 15 ans et j'en passe. No way, pas possible d'y échapper.
Pire, toute autre espèce de jean, du baggy au bootleg avait comme littéralement disparu de la (grande) surface du centre (commercial) de la terre, boulottée sans pitié par BLOBSLIM, cet ectoplasme venu de l'espace (mode adulte femme enfant)

Au début j'ai ricané sec. J'ai même fait acte héroique de résistance ( d'où les 3 ans de négation suce-cité? ). J'avais rejoins le groupuscule actif et ultra violent " Pour l'extrudation des testicules moulées en slim façon rice krispies". Au titre de trésorière. Comme quoi on accepte n'importe qui dans ces groupuscules vu que j'ai vachement de soucis avec la table de 7.

Mais que voulez-vous, même les esprits les plus endurcis à toute torture mentale ont leurs failles. En plus que mon dernier wrangler still alive commençait à craquer sévère de la couture genre celui de Kurt le Grunge 10 ans après l'enterrement. Je concède, ça a joué un max.

Bref, en désepoir de cause, après avoir écumé, la bave aux lèvres et les yeux fous tous les djinn'ss storzzes downtown, j'ai capitulé. Moi, Gilberte merde. Je me suis dit, après tout, si ma petite couz' 12 balais taille 22, pourquoi pas toi Gigi B ? Let's rock it!

J'ai commencé à reluquer du coin de la rétine les vitrines des stores-denim ( nul besoin de préciser qu'il y a peu, je pensais qu'il s'agissait du regroupement des commerçants de Nîmes. Irrécupérable je vous dis). Y'avait des skeu-pro-anas en slims, des barbies en slims, des Big Jims en slims, des vendeuses en slims, des littlest petshop en slims, et même des vrais gens en slims qui ne parlaient pas avec une voix de furet prépubère. Sentais-je frémir le bourguignon d'un espoir ras la narine en déroute? ET SI LE SLIM ETAIT REELLEMENT FAIT POUR
( mes hanches de mama Sicilienne ) MOI FINALEMENT?

Telle Martine Truc devant un beignet au nutella en 3em semaine de régime dissocié, j'ai craqué. Pathétique.
J'ai pénétré dans the place to be de la it-mode d'alors ( puisqu'on l'aura grillé, au moment où je publie ces mots has been, ce texte est has been, le sujet est has been, bref lecteur si tu me lis, soit prudent afin de ne point te tacher de la trace tenace de la Hasbeennatitioude).

Moi aussi j'ai essayé mon slim (en prenant soin de faire  passer cet acte de haute trahison sous le sceau d'une saine curiosité : " Nannn mais j'veux dire attends, on peut décemment pas monter un grouspucule a-politique néo-faschisant anti-slim sans savoir UN minimeume de oiqu'on cause? Merde. ")?

Et j'ai aperçu ma main droite - tout résidu de conscience lucide en lévitation à distance de sécu de mon enveloppe corporelle, saisir mon premier seu-lim.

Malheureusement ce ne fut pas le dernier. Car le seu-lim s'essaye toujours par paquet de plus de 10 minimum.
(Toute proportion gardée, je n'aurais pas tant perdu mon temps que ça vu que l'essayage consécutif de 20 slims équivaut à une bonne séance de full-épilation -jambons, cuissôts, maillot- )


                 Araignée avant full-épilation au slim: la loose

Maintenant, avec le recul, je peux vous le dire en toute sérénité: en général, faut pas s'affoler, first, on se foire toujours. Problème de perception de son shéma corporel en habit over-moulant qu'elles disent les it-vendeuses-sociologues.

Au début, j'ai rien voulu savoir. C'est bon j'ai beau être une grosse nullarde en mode, je sais encore me dégoter un futal à la bonne taille merci bien. "Je jetteuncoupd'oeil" j'ai donc dit à la it-slim-vendeuse qui faisait mine de pénétrer mon espace vital.
Et bon.
J'ai consenti à lâcher le 56 que j'avais dans les mains.
" Ah mais, m'a dit len-te-ment super vendeuse en toisant du coin de l'oeil la demeurée absolue qui se tenait les pieds en canards devant sa face gemey-maybeline, le seu-lim, ça se porte très près du body, c'est le principe."
Et elle m'a collé un 38 dans les mains d'un geste autoritaire.

C'est sympa le selim, ça a comme un côté révélateur du négatif de la vie que vous incarnez:

J'étais déjà la queen-mother de l'autodévalorisation du myself largement au dessus du lot moyen d'un convoi exceptionnel de complexés de la vie, mais là, j'avoue, j'étais pas au courant que j'avais les cuisses de Jolly Jumper à la retraite de Lucky Luke (il faut le savoir, il s'est complètement laissé allé le bidet)

J'en veux pour preuve: J.Jumper chante Let It Be à La Nouvelle Star

Mais la vendeuse qui n'était pas la première petite gourdasse venue
- avait du métier à revendre,
- a détourné mon attention, plus rusée qu'une sioute en territoire blanc-bec,
- a fait résonner en le moteur de recherche de mon moi, mon ça et mon sur-moi, la diablesse finaude, 3 mots qui n'ont pas l'habitude de frayer ensemble dans le cimetière nauséabonde de l'estime de soi.
3 mots qui tourbillonnent tels des moustiques de la RAF à jeuns dans une tente de jeunes scouts dodus.

"Beau + petit + cul."

Ben sans déconner, 'voulez savoir comment ça c'est terminé cette affaire?

Le problème n'étant pas tant l'enfilade que la désenfilade:

- tentative neumbeurre one : rédiger 100 fois le verbe " se vautrer " au subjontif du ridicule qui déchire. Ce qui donne: que je me vautrâsse comme un caniche souffreteux etc
- tentative neumbeurre two : expérimenter the ultimate shame le cul à l'air et le seulim coinssosse niveau cagnes devant un car d'ados anglais en sortie de classe (mode quartier libre)

Ouais, ça comme: j'ai pulsé # # # # sur la game boy en ravalant ma salive ( - 125 eurosamère -). Et mon "beau petit cul" et moi, on est sorti la tête haute (et les jambes épilées) en seulim. Vu que pas moyen de désenfiler.

Y'a des fois faut pas lutter.

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Published by Lilas Kwine - dans Total délire
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 09:01

            " Tu peux me rafraîchir et , mais tu conserves le hair-spirit okay? "


Bien!

Je sais pas vous mais moi, y'a des situations de la vie auxquelles on ne m'a pas préparé.

J'entends par là, j'ai pourtant stagné plus de semaines à me raidir les fessiers sur les chaises de l'éducation nationale, que Jacques Martin à plomber les dimanches des familles françaises à la télé. Vous notez le niveau de culture.

Et ben, je suis toujours, toujours, toujours infoutue de jeter un semblant d'explication crédible sur l'effet capillaire que je souhaiterais obtenir même qu'à moitié hein, en sortant de chez le coiffeur.
Déjà, "capillaire", j'ai longtemps cru que c'était un terme S.F qui décrivait un tout mini-vaisseau sanguin du genre de ceux dans lesquels mêmes les micro-modules de "Il était une fois la vie", ont à un mal fou à contre braquer pour y opérer un créneau...

Pour vous dire, la dernière fois, je faisais une ébauche de mounewok down-town ( y'a pas d'heure pour s'exercer) et je galérais d'ailleurs sévèrement eu égard aux botillons tout neufs qui me sciaient les calcaneums façon blender en position " tartare ". Vous vous demandez certainement ce que c'est que le mounewok; c'est, et je ne suis pas peu fière de l'avouer, une invention de mon cru: une discipline musicale du corps qui consiste à avancer, mais de dos, par le biais d'une attaque orteils talons non glissée ( ce qui sinon, ne s'apparenterait qu'à un vulgaire moonwalk à la portée du premier crétin venu) mais, claquetté (du verbe : claqueter, faire des claquettes).
Et c'est là toute la subtile difficulté car il faut effectuer dans le même temps un rythme tribal endiablé. Je vous jure que c'est pas des plus aisé au point que Bruce Lee himself-défense, avec son entrainement quotidien de kung-fu, à côté, c'etait une petite frappe.

Mais revenons à nos moutons. Après un pas claquetté de deux, je stoppais brutalement, retenant un cri guttural. Une jeune punk visiblement en proie à un accès de folie schizophrénique me contemplait, la tignasse folle et l'air ahurie.
"Bordel".
Ca n'était que mon reflet dans la vitrine d'un magasin. Mais devant cette froide prise de conscience d'une insoutenable réalité de l'Être ( " tu ne ressembles à rien ma pauvre Gilberte " ) il fallait agir. Fissa.

Décision était donc prise. J'entrais chez le coiffeur à 16H35 . Une boule au ventre pire que le jour de mon oral de math au baccalaureat. ( -rewind- " Réflechissez mademoiselle Bisou enfin, qu'est ce qu'un cosinus? " " euh, une anomalie congénitale? " - soupir du jury - " bien, bon .. Allons y pour le théorème de Pythagore ?" "Pitta Gore vous dites? Ben, ah oui! C'est un bouquin de cuisine Turque je crois?")

"Qui vous coiffe ?" entame énergiquement la fille dans l'entrée, immédiatement en proie à la pitié en me voyant crispée comme une biscotte à la porte.

"Claire" je sussure.

Claire, c'est ma coiffeuse. Oui je sais, vu ça comme, ça en jette d'avoir une régulière. M'enfin, vous allez capter juste après pourquoi c'est franchement fondamental pour les personnes comme moi. A savoir without hennie-eurbanne-faycheunne-heydioukaycheune.
Alors, moi, à l'instant, je suis à nouveau comme une enfant le jour de la rentrée en petite section. Dénuée de repaires, avec autant de jugeotte qu'une vache au pré. Heureusement, Claire embraye illico dans le rôle de la mère et vient me chercher quasi par la main en me parlant len-te-ment, plus très certaine que je décode les mots à deux syllabes.
Elle m'assoie pleine face miroir-hallogènes, en opérant une action de coiffage-décoiffage dans mes tifs et envoie:

" Alors, qu'est ce qu'on fait ? "

En général, c'est à ce moment là que je panique. Mais, parfois, j'ai envie de dire, il faut voir dans le cours des choses comme des signes évidents qui vous exhortent à transcender la peur et à avancer. Donc au lieu de me retrancher derrière un couard" comme la dernière fois", je balance:

" Alors euh, j'aimerais bien les éclaircir un peu parce que ça me gêne - là et là - et puis bieeeen les effiler comme pour donner des impressions de longueurs différentes décoiffées MAIS coiffées quand même. "

Bon. Claire, elle me contemple une nanoseconde furtive avec une lueur vague dans ces yeux plein d'une détresse interrogative. Comme elle est very sweet, elle essaie de reformuler:
"..."
Et puis j'entends le renoncement à son soupir navré:

" je suis désolée, mais je suis un peu perdue là".

En même temps, si elle m'avait écouté, today, je raserais les murs down-town en blondasse platine façon Lovamour, avec des tempes à la Tony Vairelle époque RC Lens. Je lui suis donc reconnaissante d'avoir fait preuve de franchise. Et c'est pour ça que c'est ma régulière je vais vous dire.

Je me suis donc rabattue sur l'option " In my Hairdresser I trust" et j'ai dit :

" Bon, juste une coupe a littlebit rock'n roll".

Un jour je vous parlerai de la fois où j'ai cru qu'avoir un gloss c'était une maladie grave.

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:02
                    De gauche à droite: Oum, Flipper, Moby and Jojo le Mérou



Bien!

Aujourd'hui j'ai pris une décision d'adulte mature, saine et délicate ( rayer les 4 mentions inutiles) : aller mouliner des palmaires à la pistoche presqu'olympique* Max Dormoy de Lille.
Le sport c'est healthy à mort y paraît. Mais pas que.
Pour les aisselles aussi c'est bon.

Ah ouais ? Ben ouais.

Faut dire, ces jours-ci fait une hot température pire que dans le cockpit d'Apollo I pendant l'incident.
Downtown, c'est comme si tout Olympie avait taté de la molaire dans des piments-oiseaux et nous le faisait payer au centuple en crachant la fournaise because le nectar divin c'est franchement pas l'onguent qui calme des papilles transmutées en bubons après un rab de chicken vindaloo (Quoi ça fait pas très Grèce Antique? Et quoi je MENS il fait jamais bô à Lille?! C'est très lâche comme attitude. Très lâche.)

'Fin, résult', fallait agir avant de sentir mes derniers litres s'échapper via les issues de secours right/left des dessous de bras. Autrement, emergency on planet earth c'est Gilberte qui vous rejouait la cover, guys, les mains moites et les pieds poites sans causer du reste sans remédiation fissa.

Je me pointe donc la bouche en coeur ( j'ai ja-mais pigé cette expression. La vérité, vous avez déjà essayé de pincer la lèvre inférieure en V et la supérieure en M arrondie surledessus? Le seul truc que j'ai récolté c'est l'air goguenard de Mon Entourage qui m'a balancé " Alors le cours Florent, ça progresse? ), aisselles bien calées sous le marcel façon chutes de l'Annapurna un jour d'orage.
Après check-in soigneux de mon swimming-pool-doggy-bag, moi mes aisselles, mes tongues et mon bob on pénètre au taquet dans the Place-to-be du champignon en délire et des colonies de mycoses prépubères.

- Cabine. Transmutation. Tripleaxelpiqué les panards dans le néoprène. Wonderwomannnnn. 360° trop la gerbe. Putain la Wonder elle prenait pas que des plantes c'est clair pour assumer le Job après ça.
-Douche ( WAOWSAMERE5°SELSSIUSSSSSS!)
-Passage par le coooooo-té du pédiluve ( voi-là nivuniconnu)

Ettttt. Et là, le périph à l'heure de pointe en cabriolet-slip de bain all around.

Subjuguée devant ce spectacle quasi mystique du peuple en train de faire ses ablutions, je suis limite à capter l'instant fou pour envoyer la vidéo sur You Tube. Sauf que slow down darling, mon nokia est dans le casier lui même en bas dans les vestiaires eux mêmes situés sur l'autre rive du pédiluve. En zone libre, c'est connu c'est toujours le foutoir pour repasser.

La piscine presqu'olympique un jour de canicule, c'est blindé comme une tranchée en 16 à Verdun avant l'assaut qu'il faut l'imaginer.
Les lignes d'eau ? Les escalators du tromé à Paname, seven o'clock pm.
Le petit bassin? Une boite de Petri farçie de procaryiotes en transe.

Un choix crucial se pose. A savoir dans quelle ligne vais-je exercer mon crawl impeccable? Déjà faut repérer la cohérence des styles et des allures. Because une fois que t'es à la baille, c'est borntobewild waterproof.
Faut repérer la voie de droite (celle où c'est censé aller slow) , celle de gauche (celle où tu go fast) et pis les autres aussi appelées "voies de gauche et de droite r.a.f" sur les autoroutes françaises. Vu que today faut pas se la jouer difficile, je prends la 5 au pif.

Le truc rassurant, c'est que le nombre de casiers occupés reflète pas le nombre de people à l'eau.

Prenez les Cakes par exemple. Z'allez me dire, "les cakes? ...". Ouais, le Cake, c'est le gars, y vient pas pour nager, mais pour se faire mousser (à noter qu'il reste dans le thème) sur le bord du bassin qu'il connait par coeur, genre pas besoin de GPS pour le retrouver, tu tombes forcément dessus. Il discute de trucs hypers importants, philosophiques tu vois ( "Moi je te l'ai emballé sec la coch...". avec force moulinets de biceps. Faudrait pas qu'une greluche un peu distraite le loupe. Easily repérable, lustré style commode Louis XVI ( prononcer ixe, vé, baton, c'est du vieu françoy) il suinte le monoï pire qu'une fuite de carter. Lorsque Cake dérape à la flotte en plat magistral ("Je plonge!" qu'il dit; laissez le rêver et écartez-vous rapidos), il s'imbibe brutalement sous l'effet de l'air qui fait gonfler son calbutte hawaian flowers et devient Baba au chlore. T'as le malheur de l'éclabousser un peu ( suite à un virage culbute totalement maîtrisé), le Cake envoie des vocalises de ténor indigné ( « Tu m'as mouillé Manaudou !» « Ah ben wé,escuse, j'avais pas vu qu'y avait de l'eau par ici »... A la réflexion La Laure, elle aurait pas autant de répartie...)

M'enfin, faut dire que les spécimens les plus intéressants, on les trouve quand même underwater. Allez c'est parti, je m'immerge:

Ventouses-Eyes sur le pif, pieds joints, menton poitrine, plongeon. Méduse.
Quoi Méduse.
Ben ouais Méduse. Créature retrouvée communément dans les bassins du monde entier. La Méduse elle est traître. C'est à dire que tu nages, tu lèves la tête mode périscope et toulaba, tu vois un vague truc qui avance pas loin de l'autre bord. Tu te dis ok nickel, y'alaplace. Tu fonces. Et d'un coup, tu comprends rien tu te retrouves avec les tentacules de l'autre sur le pif. Méduse ne nage pas. Elle flotte. Elle dérive même. Et elle te fout ses doigts de pieds dans la tronche. Heureusement elle est pas urticante.

Contrairement à Golgoth 376. C'est le gars, tu vois d'abord une gerbe d'eau arriver juste in front of you à 200km/h, et pis deux éclairs jaunes, zioutttt', le truc te frôle, toi, t'es charrié par le ressac comme une pov' épave en travers de la ligne d'eau avec des griffures sur le corps que tu te demandes si y'a pas un taré qui a ramené son chat avec lui en douce. Nan, juste il a fait un 50 m tuné. Avec des plaquettes greffées aux mains. Ca griffe, les plaquettes. Beaucoup.

'Fin y'a plus dangereux encore. Le cauchemar de Marie Antoinette j'ai nommé. Pour bien comprendre, faut s'imaginer le type qui a appris la brasse à une jambe. Si, c'est forcé. Et puis après il a plus su quoi foutre avec l'autre. Techniquement ça a un nom. La dissymétrie ça s'appelle. Moi j'appelle ça la guillotine des bassins. Tu doubles pas assez vite, tu décèdes violemment la tête arrachée par un fouetté aérien du pied mutin.

Et pis y'a Oum. Le dauphin quoi. La flèche, le crack, celui sur lequel everybody se rince l'oeil au chlore l'air de pas y toucher. Celui sur lequel il faut tout miser en simple gagnant. Ah mais je vois qu'il sort son corps souple et musclé de l'eau pour aller à la douche. Je crois bien que la séance est finie, je vais réclamer un peu de galak tiens.

La prochaine fois si vous êtes sages, je vous raconterai les douches.

Gilberte Bisou.

*La piscine de Max Dormoy à Lille. Presqu'olympique parce qu'à un petit carreau près de distance pas calculé par les maitres d'oeuvre, elle a pas pu être homologuée. The shame. Totally.
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 18:41


            " Hé? Hé... Y'a quéqu'un? Héééééééééééééé!.. 'Tain"



Bien!

Comme dirait Britney Spears, jeune poêtesse à succès du 21em siècle à qui je me permets d'emprunter ce vers :

" Oops, I did it again"

- Ah, oui c'est beau dis donc... Mais ça veut dire quoi?

Ca veut dire grosso modo que j'ai oublié ma culotte à la piscine.

Pourtant j'avais bien fait mon sac. Soigneusement. Avec toutefois, les réserves que la signification du mot "soigneusement" impose venant d'une personne comme moi, Gilberte Bisou.

Pour exemple, l'autre jour j'ai "soigneusement aspiré le salon": signifie que j'ai fait un aller retour en pas jetés, dans une sublime envolée lyrique d'imitation de Madonna hullulant "like a virginnnn" avec la brosse à tapis dans la main gauche en guise de micro.
Voyez vous dans ces moments là, l'esthétique prime bien plus que les coins poussiéreux d'accès difficiles.

Bon en attendant, ça ne résoud pas le problème. Je suis toujours québlo à poil comme Baby Jizeusse fin décembre sur un couffin de paille entouré de bêtes d'étables puantes.

Je vous entends d'ici, c'est pas si grave, c'est pas si grave.
Non effectivement.
Quand on s'en aperçoit avant d'être sortie de l'eau.

Pour tout dire, ça commence à cailler sévère et, pour ne pas me laisser déborder par une vague de panique, je fais un peu de méditation de proximité. C'est à dire que je me laisse happer par les fabuleuses conversations de mes voisines de cabines.
Tout ce petit monde pérore avec entrain.
Tu m'étonnes, elles ne sont pas en train de se demander comment elles vont assurer au boulot toute la journée avec une jupe portefeuille without underwear.

"...lui avait bien dit que c'était une salope fouineuse..."
Tiens, ça parle collègues...

"...vu le dernier Kidman? Hugh Jackman et tellement sex..."
Allons bon, mais c'est quoi le titre allez balance, fais pas ton égoiste!

"...tchâaaaaaa, snnnrrrrrrrr....."
Yeurk! mais elle ravale sa morve c'est dégueu!

Mais la méditation, ça se travaille, et moi, forcément j'en suis à la leçon -2- rapport à ce que j'ai du attendre de savoir lire pour entamer " l'art de la méditation" de Mathieu Ricard. Donc dans une situation de stress classique, déjà c'est limite, mais en cas de force majeure traumatique, autant organiser un pique nique sur la plage à Omaha Beach un jour de débarquement allié. Du coup, mes mantras de voisinage cèdent du terrain:

Jaipasdeslipjaipasdeslipjaipasdeslipjaipasdeslipjaipasdeslipjaipasdeslip

Incroyable à quel point un bout de coton de quelques cm² peut faire virer l'ensemble de vos neurones à l'état de troupeau fou de névrosés obsessionnels.

Bon soit PRAG-MA-TI-QUE Gilberte, après tout, c'est ton truc. Alors résumons le CONTEXTE.
Qu'est qu'on a:
Une pauv' fille coincée un jour pluvieux d'octobre dans une cabine froide avec pointage au taf dans 15 mn et pas de culotte. Franchement, il est où est le soucy, je vois pas.

Ca y'est la raison s'intalle et j'entrevois plusieurs soluces:

- Je n'utilise qu'une moitié de serviette pour me sécher et je bricole un string avec l'autre. Voyons, qu'est ce que j'ai à dispo: un gel douche mangue-caroubier avec dragonne plastique, une brosse à cheveux ( on se demande pourquoi), des clés, de la crème anti-rides, une carte bleue. Mouais, complexe vu que pour moi, le bricolage, ça se résume à tendre à Mon Entourage les pièces IKEA exigées (et encore, quand je me goure pas)...Tiens, je m'inscrirais à un stage chez Casto un de ces jours.

- Je supplie une de mes voisines de cabines de me prêter un portable pour appel de secours à Mon Entourage...Nannnn, plutôt danser une gigue en kilt les grelots à l'air devant une assemblée de retraités irlandais que de subir des quolibets narquois jusqu'à la fin de la life.

- Filer des tunes à un chiard pour qu'il aille m'en acheter une. Tu causes, mes euros vont se tranformer par imposition d'index sur distributeur à AGT (acides gras trans), en paquets de skittles.

- Assumer une fois de plus (parce que vous croyez que c'est ma prem' fois? J'ai envie de dire, malgré la situation je ricane sec en cabine là) en adulteresponsable all day long au boulot. Sans culotte.

Bon. Et ben ça sera la soluce 4 faut croire.

Mais quand même, je voudrais que, pour une fois, pour UNE FOIS, ce drame odieux ne serve pas à rien. C'est pourquoi je lance un chlorel* à vous tous, qui avez certainement subi comme moi ce traumatisme, s'il vous plait, signez la pétition:

" pour l'installation de distributeurs à slip dans les piscines"

Merci.

Gilberte Bisou

*le chlorel est un appel chloré solennel.
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:10


H²O sur parquet, suintant la trace des pas
lourd éveil à l'automne d'une vie de trépas
caféine moite, gouttes noires sur le grès,
au sommeil accordée la révolte qui boite

Traverser frissonnant, l'encens blême des belles brumes
entrevoir l'écume amère
entraîner les carmins au levant

Tu chantonnes en sourdine la beauté grêle des mirages
comme pour abuser un peu
l'embryon du tourment

Tu marches vite, tu inspires, tu joues à parler aux nuages
alors débute le voyage fou
au détour chlorophylle d'un instant

...

Si grand que demeure l'infini, la faible illusion d'exister
Ne plus se prendre au sérieux
Si grand que demeure l'infini, agiter tes erreurs floues
Résolu à l'indulgence enfin

Si grand que demeure l'infini, venir à bout des terreurs
Mesurer les accres de vanité
Si grand que demeure l'infini, se résigner à l'inaction
Étrenner la contemplation

Si grand que demeure l'infini, avoir les larmes aux yeux
toucher, serrer contre toi
le gracieux vivant


...
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 11:40



Je marchais en léger retrait de façon à pouvoir la contempler à loisir, le coeur battant.
A l'observer sans retenue,  je la trouvais de plus en plus belle et grandissait la déchirure, creusant proprement ses sillons dans le champ dévasté de mes désirs malheureux.


Je lui fais remarquer que les fils de soie de sa robe bleue s'allongent un peu plus maintenant. J'approche mes sourires hésitants. Je lui propose de les couper pour limiter les dégats. Elle rigole de mes façons précieuses. Mais ce qu'elle prend pour de bonnes manières un peu rétro, ce n'est qu'une solution provisoire pour me préserver un peu. J'espère qu'elle ne voit pas mes mains trembler.

On s'achète des granités pas loin de la place des Vosges, dans une baraque ambulante. Et puis on cherche une petite place sur l'herbe pour siroter les boissons. Le monde entier s'est donné rendez-vous ici on dirait. Tant mieux. Je me sens plus à l'aise si je ne suis pas seule avec elle. Je me sens moins nulle de ne pas tenter le coup. Après tout qu'est ce qui m'en empêche.

On investit deux mètres carrés de paquerettes, allongées comme des mikados.

Pour qu'une fraction d'éternité elle me frôle, je m'abandonne aux pronostics délirants d'une sieste abandonnée sur l'herbe, les paupières closes, étalée en étoile à ses côtés. Mes joues sont brûlantes et engourdies. Je le sais, elle a les yeux grands ouverts et ses bras jouent un ballet étrange. Elle balaye machinalement les plaques d'herbe fraîche dans l'espoir d'y dénicher un trèfle à quatre feuilles. Elle berce le brouhaha environnant des groupes voisins autour, de ses considérations méthodiques sur les problèmes du monde aujourd'hui.
Et moi j'agonise de ravissement rien qu'à la pensée que peut-être elle me contemple à cet instant, que peut-être elle aussi cherche à se distraire dans le flot de vaines paroles, que peut-être elle nourrit les mêmes visions sublimes de nous que moi. Autrement dit enlacées, abandonnées en première ligne d'une envie mutuelle délirante.
- Un coup de gnôle et au feu, sortez moi le cul de cette tranchée et GO GO GO GO GO allez droit sur les mines et le feu ennemi les gars, oubliez pour l'instant que vous allez crever seul comme des chiens l'instant d'après, mais vous l'aurez eu votre moment de gloire!...-
Bon sang, stop stop stop! le soleil ne m'a pas loupé...Forcément il fait au moins 40 degrés à découvert.

Elle n'avait pourtant rien d'exceptionnel, mais cette lueur que parfois j'allumais à la faveur d'un bon mot, embrasait ses yeux. Et déclinait sur ses paumettes une palette d'expressions infinies aux tons carmins sombres ou vifs, la rendant désirable simplement.
Il s'y tenait quelque chose de la nuit, dans ces yeux où perlait par endroit le cosmos brillant de ses pupilles, étoiles noires éperdues. On ne vivait pas dans le même univers, non.
Tenter seulement de s'y plonger et perdre la notion du temps; se rendre fou par les silences galactiques et cette raison pathétique...

Et je suis là à ses côtés, mon granité posé sur le ventre comme pour refroidir mes ardeurs démentes et je pense:

Cette fille me plaît comme un glaçon en plein été
cette fille m'attise comme la braise d'un feu de paille côté mistral
cette fille enflamme mes pensées d'une onde chaude profonde et salée
elle m'allume, réverbère commun, et m'embrume
il suffit d'un geste de sa main pour voyager vers les sphères rondes et dorées
qu'au delà des rêves, je n'atteindrai jamais
il suffit d'un geste de sa main pour hérisser les poils de mes pensées d'hiver.
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 08:12


Ah non, encore! Mais c'est pas possible, tu peux pas t'empêcher ou quoi ?

De mettre une main au cul de toutes les embrouilles qui se pointent?

C'est pas faute de le répéter pourtant bordel, c'est PLUS possible ce jeu là.

Tu te crois où ? Dans une société libérée et libérale c'est ça ? Mais c'est trop tard! Les Yéyés, les beatniks, la révolution sexuelle tout ça, c'est du passé: crois moi à la roulette russe de la vie, ils ont eu autant de chance que d'autres sont mal tombés en naissant juifs pendant la 2em guerre mondiale. Mauvais endroit mauvais moment. Ou l'inverse. Point barre.
Mais toi t'es pire qu'un morpion accroc au sang d'un cocaïnomane
Écoute moi bien: entre ces deux alternatives, t'es juste condamné à te scotcher aux quatre murs judéo-crétins qui t'enferment en passant ton temps à chercher les micro-fissures où l'air semble moins vicié.

Quoi je suis pessimiste?
Non pas vrai, je pense exactement comme toi tu sais bien. Tirer un coup, c'est aussi sympa que de boire un coup, aller au concert ou, je sais pas, fumer un pétard. No big deal. Un passe temps comme un autre on est d'accord. C'est juste que que toi t'idéalises, moi je réalise, nuance.

On est en 2009 en France? Et alors, qu'est ce que ça peut foutre ? T'as vraiment des réflexions de brouette rouillée dès qu'une brunette aux beaux yeux se pointe à moins de 20 mètres ma parole. Lâche moi ce verre deux secondes.
Parce que tu crois que tout est permis depuis que t'as plus tes parents aux fesses?
Mais tu vois pas qu'on est entouré que de culs-terreux et de bénis-oui-oui qui se défendent de voter à gauche mais qui te colleront la charentaise entre les jambes dès que tu lèveras un peu trop la tête vers les nuages ?

Tiens elle là bas, par exemple tu la vois?
Ben je te parie 100 contre 1 que si tu tentes le coup, t'auras peut être gain de cause, mais avec en prime le convoi des emmerdes qui suivront la locomotive de ton coup d'un soir.
Oui je sais, t'aimes pas que j'appelle ça "coup d'un soir" ou "tirer un coup". Des fois qu'y aurait plus d'un soir? ...Oh ça va on peut rire. Jamais rencontré un coureur comme toi; être aussi fleur bleu c'est dingue.

Enfin.

Regarde là: elle s'est fringuée genre "moi j'assume mon coeur", elle sait appliquer son khôl comme personne pour suggérer que le Kamasutra c'est son livre de chevet depuis l'âge de 14. Mais au fond, elle est comme les autres: un cœur d'artichaut à la place du palpitant. Elle va s'enticher de toi en moins de temps qu'il n'en faut pour gober ces shooters cul sec.
Je te rappelle que la dernière fois, t'as dû jeter ta carte sim aux chiottes et dire adieu à ton numéro de portable. Sans compter la soirée aux urgences...T'as pas retenu la leçon?

Quoi ça vaut peut-être le coup? Oui évidemment, si tu regardes juste l'emballage je te l'accorde.
Nannn, je suis pas vulgaire, tu m'emmerdes d'abord, j'ai pas tourné qu'à la vittel moi non plus.

Et tu dis que tu vas lui expliquer? Expliquer quoi? Ton laïus sur l'amour libre?
Hinhin. Elle va te rire au nez mon pauvre.
Que tu passais là par hasard, tu l'as aperçue avec son mec mais qu'elle t'a éclaté le palpitant comme un bon vieux home run à la Babe Ruth? Et que tu lui offrirais bien un verre un de ces quatre?
Que tu veux juste t'amuser en tout bien tout honneur?
Et puis après on en parle plus?
Un conseil: chante lui "girls just wanna have fun" dans la foulée dès fois qu'elle aurait pas saisi le message aussi.

Quoi ça arrive les gonzesses libérées? C'est vrai qu'on a une tonne de statistiques sur le sujet...

Et même imagine: si tu t'aperçois que la lueur qu'elle a dans les mirettes, t'as pas envie de l'allumer qu'une fois?

Tu te connais, tu te connais? T'as pas des réponses encore plus cons par hasard?

Putain cette conversation m'emmerde sévère, on a du l'avoir 100 fois. Si c'était la dictée de Pîvot, je ferai un sans faute à tous les coups. Je te préviens, moi je te couvre plus.

Ffff, oui tu sais bien, tu peux compter sur moi... Bon, ok on se retrouve 'taleur...

Mais hé?

Sinon moi... Je t'intéresse pas par hasard?

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