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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
  • Lilas Kwine
  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

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Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:02

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Le long de la côte des Basques, du haut d'une falaise biarrote, je les contemple.

Ils courent vers l'océan. Ils courent comme si la terre ferme les rendait mal à l'aise et leur peau se désintègre dans l'air brûlant. Ils courent la planche bien calée sous le bras et transpirent cette envie pressante de ne plus pouvoir attendre. Ils ont assez attendu. Ils sont aériens et glissent sur le plasma bleu de l'océan. L'eau jaillit en étincelles volages, glisse souplement le long des courbes de leurs lombaires affolantes comme creusées par les soupirs impatients de leurs amantes. Le dos des surfeurs dessine une colonne féline, puissante et tranquille. Ils ont la démarche chaloupante quelques peu ivre du fêtard en fin de nuit blanche, au sortir d'une session. Ils ont les gestes lents et l'apaisement suprême. Ils sont convalescents.

Je les rejoins, je les rencontre; je m'en retourne finalement.

Je suis la houle de toutes ces vies, qui gonfle et monte, pour venir s'abattre ou dérouler inexorablement. Je suis le ressac, la marée montante et descendante. Je reviens constamment lécher le sable de cette plage, les grains de roches millénaires pulvérisées par mes caresses insistantes.

Le long de la côté des Basques, je foule le sol mat et mou. il résiste à mon passage puis s'affaisse mollement de quelques centimètres à peine, le temps d'apprécier mon empreinte comme pour mieux deviner l'identité de ce passage.


 
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 20:35



Je contemple mon reflet dans le bleu miroir de l'eau.
C'est un samedi matin fripé.
A 30 ans, il est des jours où vous en paraissez 20. D'autres 40.
C'est un âge étrange qu'il convient d'apprivoiser un peu.
Surtout lorsqu'on pratique l'introspection de manière obsessionnelle.
A chacun sa façon de devenir l'esclave de ses propres démons.

Elle vient de partir.

J'entends le claquement de ses sandales s'éloigner dans la ruelle.
Juste avant elle a effleuré la commissure de mes lèvres en déposant doucement sur ma joue un baiser.
On ne m'avait jamais embrassé de façon si érotique.
Un instant j'ai failli la retenir par la taille.
J'ai senti son souffle parfumé m'inviter à en rester là.
Je songeais à ces dernières heures où tout avait semblé si simple.
La simplicité n'est pas précisément ce qui me caractérise le mieux.
Je passe une grande partie de mon temps à en perdre.
Examiner à la loupe les coutures de mes possibles choix.
Peser le contre, rejeter le pour.
Par trouille plus souvent que par pragmatique objectivité.
Dans ce cas par exemple.
Franchir la ligne qui ne nécessitait qu'une pichenette du doigt a pris des allures pitoyables de traversée de l'océan à la nage.
Avec pour seul compagnon de route, l'aileron du doute traçant ses cercles parfaits autour de moi.
Je pense trop avant d'agir.
Il y a longtemps, j'ai compris qu'on ne pouvait être perpétuellement dans le contrôle.
Maitriser le lâcher-prise me demande plus d'effort.
Je contemple chaque brisure qui me hante et je pense au no mad's land des regards qui déchantent.
Quelqu'un a dit: "Dans une société totalement saine, la folie est la seule liberté."
J'aime sa folie discrète qui contraste si fort avec l'idée que se font la plupart des gens de la liberté.
Lorsque je l'ai aperçu, j'ai eu la sensation pressante de devoir aspirer le nectar de la délivrance d'un trait pendant une courte saison.
Et cette incision lente et profonde dans mon plexus crispé.
Elle a décidé pour deux.
Avec la spontanéité légère qui la caractérise si bien, ses yeux souriants ont traversé mes hésitations sans équivoque.

Plus tard, j'observe le chargement entier de peaux rougies, tassées sur la dernière navette.
Le 17H20 bat pavillon arrière pour s'en retourner vers le continent.
Le ressac soudain agitant les flots, arrache à la mer un grondement sourd et régulier alors qu'on la réveille d'une sieste plane,
L'illusion du bonheur parfait n'a pas duré plus de 8 heures. Autant dire une éternité.
Le bleu turquoise croise le sombre nuit et le vert parsemé d'écume légère. La beauté de reflets nacrés sur l'eau translucide me renvoie à ma propre condition de passager en transit entre le rien et le rien.
Au cours de l'étape touristique en laquelle consiste la vie, j'apprends laborieusement à composer avec mes contradictions profondes labourées d'incertitudes. En espérant que le temps y sera clément.
Aujourd'hui, il a fait beau.
Je referme la fenêtre.
Je laisse en dehors le réel. Tous ces espaces clos à la cire des auto-censures.
Je rejoins mon alcôve spiritueuse.
Jusqu'à l'été prochain.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:32



Silences, rien que silences
diagonale des regards
souffles inconstants...

Laissée là en bas
la trace d'un détour
sur la pointe des pieds
avancer jusqu'à toi
ramper même
s'il fallait vraiment
engager le premier
et le dernier pas
pour ce que ça vaut

Ceindre mes empreintes
d'une parenthèse pudique
troublante comme
ton sourire hésitant
ta taille fine bientôt
entre mes doigts roulant
cheveux au vent
tous ces chemins
entre deux arpentés

Regards, rien que regards
diagonale des silences
en aparté d'une certaine absente

Recouvertes les heures de la nuit
du voile de l'étrange sentiment
jusqu'à la tiède matinale
n'appartenir qu'à soi
atténuer les fraîcheurs
plafond bas des réalités
à l'aubade d'un émoi
à l'abandon des étreintes
d'une jeune éternité
n'exister que le temps

le désir palpitant
le désir palpitant
le désir palpitant

Et mon corps ancré là
alors avance, avance
déshabille moi
ôte moi
lentement, lentement
la dernière dérobade
doucement, comme ça...

Frôlements, rien que frôlements
verticale des vertiges
les regards gémissants

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 12:27



Pause au portail, en bas de chez toi.

Ne plus chercher d'explications futiles pour apaiser le doute hostile.
Cesser de creuser la terre des remords à la force des regrets.
Déterrer les détails sordides d'un passé inexistant; et puis quoi encore?
Reculer, un argument qui ne tient pas la route. Question d'honnêteté envers soi.
Balayé par la tempête, le côté fragile.
Cette envie persistante qui martèle les tempes.
Chercher vaguement une raison d'en rester là.
Ne pas y croire suffisamment. Fallait s'y attendre.
Rigoler du bout des lèvres.
Pas vraiment une lutte à la régulière.
Rien qui n'adhère suffisamment aux conclusions d'une certaine façon d'être
Ressentir, exister, aimer, jouir, partager, transpirer, crier, vivre, mourir.
Chaud-froid. Brasier.
Culpabilité en post-it de pacotille qui se décolle tranquille du mur de l'attente.

Encore une minute juste pour voir si...

La fraicheur du soulagement à l'ombre d'une hésitation, même pas.
Que dalle à l'horizon. Arrêter de se foutre de sa propre gueule.
Lever le bras. Temps mort.
Rien de complexe. Deux solutions.
Une seule valable là maintenant.
Pas vraiment de désespoir. Plus assez à boire.
Un peu trop déroutée pour saisir la certitude aveuglante.
Y voir plus clair au travers d'une absence mais l'espace de deux secondes.
Droite, gauche, piétiner.
Comprendre enfin qu'il ne reste rien.
Rien d'autre à faire dans cette affaire.

Sonner.

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