Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.

C'était la nuit en dehors.
La nuit animale.
C'était l'obscurité sauvage.
C'était le vertige émétique d'une chute sans fin.
Une chute sans main de secours, tendue à l'impact d'un destin.
Je sens les doigts qui glissent au bout des miens.
Je les serrais fort.
Je lisais en braille la terreur sur ces empreintes digitales.
J'avais peur de lâcher.
J'avais peur de tenir.
C'était l'humanité en vain, le sombre désobligeant.
C'était la vérité en face.
A chacun sa paire de gifles cinglante et trébuchante.
C'étaient les convois à la décharge béante des sourdes consciences.
C'était la fin de l'illusion exhumée du caveau de l'innocence.
C'étaient les âmes gémissantes stagnant sous le ciel d'asphalte.
C'étaient les forts, c'étaient les faibles.
C'étaient eux, c'étaient nous.
Etait-ce moi, je me réveille en nage.
Toutes les nuits quand gronde l'orage, je me réveille en nage.
Noyée de l'horrible question.