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Lilas Qui ?

  • : Lilas Kwine
  • Lilas Kwine
  • : Un blog pour souffler à contretemps qui passe, rire un bon coup et en reprendre un verre, évacuer les larmes pour les éco-recycler, tout ça dans des histoires parce beaucoup de mots pour pas dire grand chose c'est toujours mieux que rien.
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Lilas Quoi?

  • Lilas Kwine
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout
  • Lilas Kwine aime les mots. Alors elle en fait des histoires pour surfers de l'imaginaire, voltigeurs de ciels d'orages, voleurs de siestes, palmiers de campagnes, poissons panés de la dernière pluie, clowns tachycardes. Et puis qui veut après tout

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Lilas Où?

Faites tourner Folks

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Un rire de gourde, ça désaltère et c'est déjà bien.

30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 17:10



emeute.jpg





cette nuit avant de m'endormir, j'ai décalé dans le vaporeux oscillant

celui qui se pratique toujours sans s'annoncer
là, je mettais un coup de pied
dans la ruche du temps
toutes les secondes qui bourdonnaient à l'intérieur se sont tues d'un coup
je fermais les yeux sur une certaine réalité
et je pensais à mes lèvres collées aux tiennes, je te tenais proche et fort tu vois, 
mais on se voyait quand même 
parfaitement
je te distinguais avec clarté et certitude
et je t'agrippais les mains en guise de ponctuation à tout ce que je te racontais
sans rien dire,
sans un mot
parce que les mots n'avaient pas de sens, où n'étaient pas suffisants

simplement n'avaient pas lieu d'être

donc, avec toutes mes étreintes sur toi, des frôlements aux pressions capitales
je te racontais des heures durant (soit, plein de secondes empruntées à la ruche, mais la ruche en était blindée)
je branchais mon coeur en goutte à goutte - je le déversais entre nous, en débit constant
ça et mes bouleversements- comme l'émeute à l'intérieur danse avec le calme paisible de l'évidence
un de ces moments dans lequel on se noierait bien pour une durée indéterminée
et puis après, je t'invitais à sortir quelque part manger une glace avec plein de chantilly et même une cerise confite désuète sur le dessus ... Parce qu'on est pas des bêtes quoi. 

et je me suis réveillée

avec ça
mais tu n'étais pas assez là.  
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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 08:25




surf-2.jpg

 

 

La grève abandonnée, ôtée de chalands, ne laisse plus aucun doute au vent de janvier tandis qu'au loin dérive l'ombre d'un chercheur d'or sur le sable.
L'enclave molle des empreintes en fuite s'obstine à border quelques sentiers absents.
À suivre la course absurde du doigt, on les croirait en quête perpétuelle de fin d'horizon.
L'oraison des mouettes, les cormorans joueurs glanent les pensées du marcheur solitaire.

Tu remarques, à force de fricoter avec les embruns, l'antique gravière est devenue salière.

Le temps du château de sable est révolu, les coiffes ridicules ne s'envoleront plus.
C'est la morte saison, la fin d'un quart de cycle, la saison morte et blanche d'une fin de vacances.
Ainsi siestent sauvages, toutes les plages de l'hiver,
tandis qu'au loin toujours, un chercheur d'or sur le sable.

Le ressac rythme lent l'aller-retour des sargasses.
Il commande la place de l'algue au cimetière du rivage.
Une nouvelle lune au firmament a évincé l'ancienne - souviens-toi, qui embrasait l'océan d'un feu de paillettes canadiennes, mais d'automne indien n'en usait que les couleurs.
Alors, il faisait chaud aux corps, là à deux pas de haute mer avec toi, la canicule était d'humeur à tenir nos coeurs battants.
À présent que les glaces de janvier n'ont plus le goût de crème, l'iode colonise profond les sinus et marchande l'envie pressante d'un plateau de fruits de mer.

On déambule tranquilles sur le carreau de digue rapiécé par le vent.
Tu glisses une main dans la mienne; je n'ai plus aucune envie de la remettre en poche.
Sur le vieux port, dans les gargotes des pêcheurs, on dégote notre bonheur bien sur.
Janvier c'est le mois de la St-Jacques, c'est le mois de l'huitre, de la praire et des bigorneaux.
Et si l'entre-deux-mer manque cruellement, le muscadet ne fait pas de vieux os entre nos mains, le long de nos gorges presque closes et les battements réguliers de nos regards s'abandonnent au ressac.

la plage est quasi déserte mais elle est bien la seule

Au large, en surface des scintillements de midi, étalé dans une bande d'eau, ridiculement proche des côtes, dans le calme olympien, tout le monde attend.
On s'assoit pour observer.
Sur le sable glacé, bras en couronne autour des genoux, écharpes épaisses nouées en heaume laineux, la trace de tes doigts disparus ne m'a pas échappé, et j'en souris.
Un chemin passant s'établit implicite entre les corps élastiques que le courant déplace au gré du swell capricieux
Là, les regards se croisent furtifs, rêveurs ou attentifs.
Ces endroits génériques où demeure la félicité de rencontres silencieuses, à cet instant il nous semble que ces endroits là existent, hors de l'attente transfuge
Et si l'on perd la notion du temps, on reconnait les profils du genre: les fougueux, les têtes brûlées et les experts sont aux premières loges, les patients et les douteux à quelques mètres en retrait.
Ici l'océan est aux commandes, qui déclenche la migration d'un peuple de nomades.
La houle court vers la côte, se gonfle et se déforme depuis quelques miles déjà .
De loin en loin, des silhouettes allongent souples leurs ombres, incitant le groupe au mouvement général vers le large
D'autres se tournent et se redressent, à califourchon sur leur planches, le creux de leurs lombaires appelle une déferlante grasse et puissante.
Ils rament sans hâte puisque c'est l'élan qui vient à eux.
Dans un instant, certains se feront happer dans les larmes de l'écume.
Les élégants marcheront sur l'onde, quelques secondes d'éternité
Avant l'envol, la dernière vision du continent leur offrira l'ombre bancale du chercheur d'or sur le sable.



 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 08:17





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tu vois cette histoire, elle n'a pas de nom

elle n'en a jamais eu

normal, je n'ai jamais su comment l'appeler

elle se paume dans les mots sans rimes de ma mémoire à ne savoir qu'en faire

à ne rien savoir faire d'autre que d'imaginer ses contours dérangés et j'en prends pour perpette

les mêmes me renvoyaient une image rayée qui me semblait familière; mais j'avais beau avoir ce sentiment cave de la connaître, essayer de la saisir revenait à se ridiculiser autant que de tenter d'attraper des doigts ce mot que tu avais juste là, sur le bout de la langue

j'en ai passé des heures à ravaler mon spleen après l'avoir mâchonné furieusement comme des feuilles de coca, dans une tentative brève et antalgique

je crevais d'anesthésier un peu mes muqueuses irritées du manque d'identité

des boulets d'enclumes en nausée massive, j'en ai eu ma dose, tu mesures pas, toutes solides, accrochées en périphérie de palpitant

ça s'entrechoquait dans un boucan de tous les diables mais personne n'entendait,

sauf moi, qui pourtant n'y entendait rien, à cette histoire sans nom

c'était pas pour rire au fond, rien que l'éclat lumineux parfois des gorges déployées par un bon mot, à part ça, c'était pas pour de rire, c'était pas pour rien, tu crois pas ?

au plus dur du tirant d'enclumes suspendues maladroitement, comme si un gamin de cinq ans les avait punaisées sans but au marteau, alors les veines gonflaient si forts qu'elles étaient sur le point de lâcher pour mieux se rompre, à répandre leur contenu visqueux au pli de l'aine

cette silhouette, je la désirais tellement dans mes égarements opiacés, je n'en conservais que le parfum répulsif de l'éther

mais personne et surtout pas moi, personne n'avait son mot à dire;

alors je ne récupérais que les scories du gravier mouvant, mourant entre mes poings, serrés jamais assez

pareil à un sablier moribond, je contemplais mon reflet en train de se vider de son sable sans rien pouvoir y faire

dans la catatonie de l'instant, je me résignais à punaiser une enclume supplémentaire, main gauche armée d'arrogance stupide, pleine de lourdeur moite

je me disais, allez, pour me mettre au défi, tenir un semblant de

c'est drôle, je me disais, si j'arrivais simplement à la nommer, j'arrêterais de la voir floue comme ces volutes de clopes plafonnées en fin de parcours; je prendrais son incorporéité pour preuve tangible de son inexistence, et la réalité des faits à bras le corps, comme les vrais, les téméraires, les rois de la gagne

avec l'innocence fraîche des heureux

mais une bonne résolution de même pas premier de l'an en exterminant une autre dans la seconde, j'oubliais chaque lettre posée sur le papier dès la suivante déposée

j'ajoutais un trait supplémentaire au pendu latéral souriant bêtement,  pieds et bras dans le vide

et j'agitais le tout à la face de ceux qui cherchaient avec moi

pour l'exemple


 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 19:02

 



pantin.gif




 

Là,

encore là

où l'oubli succède à l'oubli

où se ressent la permanence en toute chose 

où l'on se sent fluet 

mais fébrile

de tant d'appartenance;

par ici la foule est dense, 

en suspend à tes lèvres indécises,

ici les regards se croisent furtifs

- l'oeil vagabond ne reconnaît pas la demande, 

ici l'intuition est aux commandes 

d'une heure impitoyable et fondue

mais elle a perdu le contrôle

il y a bien longtemps

en vérité 

à vouloir se tétaniser la conscience, 

lassé du temps qui passe

le vivement s'est noyé 

dans le quoi...

T'as pas le droit d'être pressé ! Non... Ah non ? 

Pressé ne signifie rien de plus qu'une hâte malfamée

comme synonyme ridicule au gaspillage des secondes; 

pourtant, quelques desseins déboulent

allongent large leurs ombres, 

commandant sec sous les paupières

le mouvement vers le large; 

oui quelque chose s'annonce, 

dont tu n'as surement

qu'une idée vague mais

ce qui déferle ne rapplique 

que lorsque l'envie lui prend.

 

Donc il ne serait question que de choix sans répit

l'hésitation se posant déjà en sanction à elle seule, 

sans doute nulle part ailleurs qu'ici ce soir

ne s'agite en ton espoir, de place belle

où il ne soit autant question 

d'instants

et de quête, 

et de paix

fiévreuse

sans dépêche.

 

Est ce que je ne suis que ce rêve de quelqu'un

aux pensées trafiquées en bord de falaise ? 

Est ce que tout se déroulera par dessus l'accore 

comme dans mes cauchemars

où le poignard dégouline sa lame 

à l'intérieur impassible

où le vide avale silencieux,

des kilomètres de cris 

où les choix impossibles

président aux tortures élégantes ? 

Au fond, est ce que tout réside en la gravité d'une fin

qui défile vite au détour 

d'un cortège insolent

de questions inutiles 

de réponses indiscrètes...

 

- tu sais, la trouille et le déchainement de quelques armes

m'auront vite enterrée sous le poids de leurs âmes -

 

Ne suis-je devant toi, que ce rêve étrange 

où tout déroulerait comme dans une vie banale 

dans l'espace calme d'un chagrin oublié

dans l'espace froid d'une réserve de larmes

dans l'espace sec d'une mise sous conditions 

dans l'espace périmé des souffles sous contrôle...

 

Je considérais la liberté par la fenêtre

ou plutôt une certaine idée d'elle, 

un soir indigeste de septembre et

je songeais à m'y pencher un peu, 

demain sans doute, ou le jour d'après

sous le calme blanc d'une aube salutaire, 

y passer les deux mains en signe de revers 

tête la première sans penser aux lendemains

dans l'espace sourd de l'herbe mûre et tendre 

dans l'espace cave d'une goutte d'infini

dans l'espace ivre mort d'une traînée indécente

ce soir plus que tout, 

je ne voulais pas 

être

négligeable.

 

 

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 12:04
silence



parfois ça commence 
comme une poussière
 
résumer la situation 
 
toujours une raison souriante de commettre les conneries
tirade malvenue
génératrice de monologue constant
y'a des gens doués pour se provoquer à ce jeu là
toutes alarmes convoquées gueulant à plein 
alors que règne par circonstances rauques
le silence le plus absolu 
sur quelques surgissements
 
le ventre d'une araignée me passe devant 
son cadavre en étoile flotte à la surface d'une eau molle 
le fond de l'air est mou
l'herbe vert jaune cramé qui ne répond plus à aucune teinte, ne fait pas d'effort pour paraître complaisante
le tapis végétal ne correspond à aucune demande
moi même je ne me sens pas très disposée
 
c'est peut-être le vent nauséeux qui balaye aux interstices en travers des tripes
j'évalue précautionneusement les dégâts sur mes contours
du bout des lèvres je parle à l'étoile morte
ce genre d'après midi n'est propice à aucune brusquerie quand la ville fangeuse étouffant sous les odeurs de nulle part
bloque aux foules l'espace de liberté dont les poumons crèvent pour se dépêtrer
 
- comme présage d'une belle suite au bordel prédicateur 
 
un caneton de printemps vient de becqueter l'araignée
le cagnard tape raide, qu'une brise pas à la hauteur fait à peine tergiverser 
la mère du caneton se pointe et le rapatrie sans ménagement
par ici l'éducation est à l'image de l'absence de vie: sans fioriture
 
en lisière, le silence sans fioriture en recouvre un autre
plus pernicieux, disgracieux comme un sumo dépressif
parfois je m'assoupis légèrement mais le silence vient snaper des doigts à mon oreille
pour rappel, le silence se fait entendre
il a une gueule de planche de fakir
faut s'entraîner dur pour cheminer dessus sans se laisser prendre au cri
ces jours où le silence s'installe par cycle comme un mistral corrosif, j'évite le détour par les questionnements même anodins;
penser ramène trop de souvenirs
à commencer par ceux qui n'existeront jamais
 
statistiquement je me demande combien de temps je pourrais tenir, là, assise jambes ballantes en surplomb de cadavres qui croisent sur ce bord de quai, avant qu'un type un peu fou ne résiste à la tentation de me pousser 
- combien de temps je pourrais, des questions à la con, y'en a toujours une résiduelle que le silence anime
le drame c'est l'attente
le drame c'est de ne pas savoir
le drame mou préside au drame terminal
mais la tristesse au renoncement, jamais
va comprendre tête de mule
le silence me rapproche des phrases qui n'appartiennent à personne
et si le silence me chape,
je n'échappe pas aux "si" qui me lancent

- sauf que
 
en été les textes se terminent toujours bien 
en été les textes se terminent toujours bien
en été les textes se terminent toujours bien


 
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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 10:43
anevrisme_r1_c1.jpg



21 juin, le soleil brille profond, 
allongées sur l'herbe sèche, 
deux silhouettes se confondent au silence;
amorphes, les reliques du repas abandonné par la faim
un festin a morflé
mais le coeur  n'y est plus tout à fait

- silence -

Clope/cafeine, le rappel trémule, la mémoire s'ébranle
les séquences se font-elles délétères 
quand l'éclat trop certain des sourires s'éteint, se fond
finit par déteindre sur fond de rien;
je me rends compte, j'ai rallié pénible, bout du bout d'une terre 
dont je ne pensais pas rattraper les frontières,
égaré le ligand reliant les heures dépensées à quoi,
dépassée de toi regard scrutant le miroir sans teint
constat: je n'en conserve que les gravats

Faut croire...
le coeur n'y est plus tout à fait...

Parfois sous le manteau, rarement sous la chemise, 
le coeur persiste, tu sais le corps se bat
déjà les rictus ont pris d'assaut la place;
tu dis qu'être sur est une question d'insistance
mais tu sais bien que tu sais pourtant !
l'entièreté de tes souffles au parfum, ça fait un bail, tu te souviens du premier ?
Non hé, bien sur que non
les sourires figés, l'engelure des conventions lépreuses
cryptent sévère la conviction 

Et le coeur n'y est plus,
n'y est plus tout à fait...

Parfois le coeur persiste, quand le dernier battement a cessé
évanoui depuis ces ans, même tant qu'à deux
on arrive plus à les compter !
Est-ce qu'on aurait même du essayer, 
est-ce que c'était si important...
tu sais, les pleurs ont beau être lavables 
quelques traces résistent, 
et toi, te le sais pas encore, 
pourtant tu restes inconsolable 

Le sursaut survivant ne lève pas le camp, 
alors tu prends une décision bête, celle d'insister encore
tu convulses brièvement 
perdu là dans le trait de l'espoir 
à crisper dur les efforts volontaires;
t'entends dissoner ? Le rire fou chinte plutôt que de se rendre 
et la pulpe anonyme, déchiffrée du bout des doigts
celle que tu connaissais par coeur
te caresse mais n'est plus 
qu'un murmure ici bas 

car le coeur n'y est plus, n'y est plus tout à fait 
vu que le coeur usé, lâche, d'avoir été trop lâche
le coeur lâche s'use, d'avoir trop abusé
et l'ombre qui ne te quittait 
qu'au bord du grand sommeil
embarque l'air de rien 
sur les rives de l'oubli
et le coeur clamse enfin, esquisse du soulagement 
le coeur clamse paisiblement

- remarque -

Tiens. On prend pas de photos cette année.
Comme si tous les souvenirs
devaient s'arrêter là.
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 13:16




electrocardiogramme.jpg



- Go -


Elle a tourné le dos.
Et puis merde, allez...

Comme elle était sur le point de rentrer, j'ai saisi son épaule et mon courage de la main gauche.
Elle s'est retournée vers moi.
Dix centimètres une seconde plus tard, j'ai collé mes lèvres sur les siennes.
Même pas maladroitement. Sans brusquerie. Même pas timide. Le geste osé. Juste posé.
Tout à fait cool.
Du moins en apparence.
En interne, tu imagines : mésentère en fusion. Pulsation à trois cent. Fallait pas s'étonner, pas espérer moins quand même.
Mais j'avais anticipé. Mis les prévisions en veilleuse. Réponse du berger à la bergère en solution de repli : réaction viscérale, quasi instantanée.

Elle n'a pas eu le temps de contester. Et moi non plus. Surtout pas moi.
Je n'ai pas flanché. Elle n'a pas reculé.
Pensée pixelle :
Zone cible atteinte, Flagship.
Conditions de voyages :
Trajets sinueux. Détours torturés. Sentiers de fortune.
Si la stratosphère possède un point de chute, ce sont ces lèvres. Vers lesquelles :
- J'ai convergé tant de fois - J'ai dévié à temps.


- Plus tard -


Je ne saurais retracer la durée de l'escale. Elle n'a pas reculé, je te dis. C'est ce dont je me souviens, des années après. Comme un négatif en 3D. Ça et l'odeur de sa nuque. Confort de l'atterrissage, l'impression tenace d'avoir circulé sur le velours, un instant critique, des secondes d'éternité. Ce sentiment surpuissant, la fêlure de l'iceberg, l'inscription dans le cristal de l'ivresse.


- Flash-Back -


Elle a saisi ma ceinture. Je l'ai plaquée contre le mur sans lâcher prise aux commissures. La brique était crayeuse et l'air tiède sous les débardeurs signalait la rafale des pouls arythmiques. De face et de profil, ça s'entrechoquait sévère, c'était Duel en dedans. Syncope pour un arrêt sur une bonne mesure de temps, j'aurais tué pour ne pas être ailleurs qu'ici. J'avais ses cheveux entre les doigts – et de là sans regret, mes mains pressées plus tard un peu plus loin, et je respirais son parfum acidulé. Il zestait les rayons de chaleur d'éclats agrumes sur sa peau mate. Mon dieu, tu sais, on était comme ces fous, qui répètent rayés, que si le temps passe vite, il faut juste courir à son rythme. La folie ne gagne rien au contact de la raison. J'avais la folie en orbite qui crevait les bordures d'une voûte d'azur. Et je pensais, non, rien, je ne pensais pas, ce serait mentir, rien de rien que nous en vie contre la craie, et puis, tourner le dos, avec à la main, la trace de son sourire.


- Durée de la concession -

Ad vitam.  


 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 17:43

 


enfermement-3-.jpg

Elle a un ruban bleu dans les cheveux, qui contraste étrangement avec les reflets anthracites de ses vêtements.
Son regard s'égare dans une destination lointaine où je n'ai pas ma place.
Occupé d'autres hésitants.
J'ai tout du clandestin de passage. Je suis l'outlaw improviste.
Nous avons la même destination mais elle l'ignore.

La nuit je ne vois que du bleu.
Toutes mes nuits sont bleues.
Toutes les heures s'allongent.
Ne subsiste qu'un espace flou où le temps se dilue entre les interstices du silence.
Je m'étends entre les bras de ces contrées froides où elle n'existe pas.

Je pense à ses cheveux réglisse qu'elle enroule délicatement autour de l'index.
Il faut savoir se laisser faire. Le lâcher prise demande un courage certain.

Se faire souffler l'esprit par les émotions.
S'y laisser sombrer radical comme le galet vole et ricoche du mieux possible en surface, et touche le fond, après l'apesanteur.

Alors, accepter les traversées périlleuses. Entendre croitrent et se craqueler si clairement les bordures du trouble au delà du censé.
En remettre une couche, de refus obstiné, sur les crevasses des quotidiens.
Abuser de soi, se contraindre aux limites de la casse, jusqu'à frôler l'altération.
Reconnaître qu'on a enjambé la frontière. Souvent par effraction.
Se voir fracasser de l'épaule, la clé de voûte des résistances. Deviner la limite, celle que l'on franchira à bout de souffles.
Amortir les battements lourds du martellement dans les artères.
Il faut courber le dos sous la cisaille des déchirures, puisqu'on refuse l'anesthésie. L'anesthésie serait bien la pire erreur.

Mais je suis bien disposée à l'attraction. Neuf fois sur dix, c'est l'escalade sans cordée. Anthracite despote en gravité, déposé là, papillon à l'estomac bien noué. Si disposée à l'attraction.

Dans la nuit bleue, le désir c'est l'agonie. Les cordes de l'orchestre frisent à l'unisson. Et c'est le corps qui crisse si fort, qu'à l'apogée de la douleur, on se surprend à désirer fugace, la mort du renoncement.

Les nuits noyées de cyan, ma mémoire régurgite brutalement tout ce bleu encastré dans le réceptacle des affects insistants.

Se perdre
Se perdre

- intermezzo -

Bleu nuit
Bleu clair
Bleu pluie
Bleu ciel
Bleu terre

- pause -

Mourir
planer
Sourire
Pleurer
Se perdre

- silence -

 

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 12:46

desob-.jpg
 

          M
 
            E

            M                                 D

            O                                  E

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            E                                  B

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                                                 S

                                            S   A   L   U   T

                                                 N

                                                 C

          H   U   M   A   N   I   T   E
     
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 10:26
impair-et-manque.jpg

Elle égrenait les pétales comme d'un rien, sans jamais se retourner. 
Elle m'avait semé en chemin. 
J'aurais aimé qu'elle marque le pas, pour les apercevoir en file d'attente. 
Elle aurait pu les saisir à plein bras, des paquets de roses fraîches en guise de consentement.
Elle avançait vite, dans le matin d'août. Elle avait soif d'aventures. 
Le vent moite léchait ses longues mèches au creux des clavicules. Anticyclone tout contre dépression, le fond de l'air était houleux, baromètre en déroute. 

Je manquais de tant de chaleurs. 
Elle crevait du manque de temps. 
La terre était sèche, et ses joues humides, dans l'herbe rêche, traçaient à l'oblique quelques souvenirs bizarres... 
Elle n'était pas du genre à collectionner les regrets. 
Je bataillais ferme en dedans. 
J'envisageais de stopper net la mémoire. 

- Mais -

Au bout du téléphone, il y avait toujours cette voix, qui ne disait pas les mots que j'attendais. 
Ceux qui font un peu trembler, lorsqu'ils renoncent à faire rire.
Au bout du téléphone, sa voix ne disait pas les mots que j'entendais. 

Comme elle avait le chic pour biaiser les silences, j'inventais des plages claires où déposer les songes et les mirages, les nerfs à vif de trop d'absences, et les paradis rentrés. Loin des belles vues, hors de portée, l'espoir épuise. 

Elle était un peu joueuse. Mais pas du genre à compter les victoires, non. 
Elle me brossait dans le sens du poil et ça me démangeait de gratter un peu de son présent. 
L'attente est plus confortable lorsqu'on ne passe pas ses heures à la contempler. 

Au milieu de la nuit, je pressais l'oreille au combiné, mon coeur entre ses doigts. 

- Répondeur -

Au bout du téléphone il y avait sa voix quand elle a dit « à bientôt ». 
Au bout du chemin, la terre était sèche et on l'a retrouvée allongée. 
Ses joues humides dans l'herbe rêche, traçaient à l'oblique quelques souvenirs froids.  
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